Une journée mondiale pour se souvenir des migrant-e-s morts et disparu-e-s aux frontières

Communiqué d’EuroMed Droits, dont la LDH est membre

A l’approche de la journée mondiale de lutte contre le régime de mort aux frontières, le 6 février 2022, EuroMed Droits se joint aux 125+ organisations de la CommémorAction pour dénoncer le nombre de personnes mortes, portées disparues ou disparues aux frontières dans leur tentative pour rejoindre l’Europe. Ces décès surviennent en conséquence directe et sous la responsabilité des politiques migratoires de l’UE et ses Etats membres. En 2021 seulement, plus de 6 000 hommes, femmes et enfants ont trouvé la mort en voulant traverser la Méditerranée. Mais le nombre réel de décès est certainement beaucoup plus élevé.   

Morts aux frontières, plus jamais ça ! 

Au lieu de réduire l’accès à son territoire, de procéder à des refoulements et de soutenir des acteurs tels que les soi-disant garde-côtes libyens – portant ainsi atteinte aux droits fondamentaux et aux garanties à ses frontières -, l’UE et ses États membres devraient plutôt ouvrir des voies légales, garantir un accès sûr au territoire et à l’asile, et accroître les efforts de réinstallation et de relocalisation entre les États membres. 

A ce titre, Wadih Al-Asmar, président d’EuroMed Droits, déclare que « l’ouverture de voies légales est le seul moyen d’empêcher les migrant.e.s de s’embarquer dans des voyages périlleux, et donc de réduire le nombre de décès. Les procédures d’identification des corps sont d’une importance capitale pour la dignité des migrant.e.s et pour aider les familles des victimes dans le difficile processus de guérison et de deuil. L’UE et ses États membres ont la possibilité de changer dès maintenant leurs politique, et d’éviter ainsi d’autres pertes tragiques commes celles auxquelles nous assistons depuis des années ! ».
 

Note d’information: Des fiches d’information sur les migrant.e.s disparus dans les pays du Maghreb   

Dans le cadre d’un projet intitulé Protéger les droits des migrant-e-s et réfugié-e-s dans la région du Maghreb et soutenir le travail des organisations de la société civile (OSC) sur cette question, EuroMed Droits s’engage à sensibiliser l’opinion publique sur le nombre croissant de migrant-e-s mort-e-s ou disparu.e.s pendant leurs voyages migratoires, et à renforcer la coopération entre les OSC, les communautés de migrant-e-s et les familles de migrant-e-s disparu-e-s, dans les pays du Maghreb et du sud de la Méditerranée.   

Aujourd’hui, EuroMed Droits publie une série de fiches pays sur l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Tunisie, l’Italie et l’Espagne, rassemblant des données et ressources utiles sur les migrant.e.s disparus dans chacun de ces pays. 

Chaque fiche se divise en plusieurs sections informatives : “niveau gouvernemental et institutionnel” ; “société civile et secteur non-gouvernemental” ; “recherche académique et universitaire” ; ainsi que d’autres informations pouvant présenter un intérêt, comme des noms d’experts, d’activistes et les commémorations spéciales.  

Ces fiches visent à informer les OSC, les militant.e.s, les médias, les familles de migrant.e.s disparus et les différentes parties prenantes sur les ressources disponibles et les associations travaillant sur ce thème, afin d’accroître la coopération et l’union des forces. Ces fiches ne se veulent pas exhaustives. Nous invitons d’ailleurs les organisations, experts et chercheurs à nous faire part de leurs commentaires et à nous communiquer d’autres informations pertinentes à inclure dans ces fiches.

Paris, le 4 février 2022

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