Les Concours de plaidoiries, une action phare de la LDH à destination des jeunes

Une démocratie vivante s’appuie sur une citoyenneté active. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) se donne pour mission de sensibiliser les jeunes à toutes les formes d’inégalités, de racismes, de discriminations et d’atteintes aux droits afin de susciter et de promouvoir leur engagement pour la défense des droits fondamentaux.

Les militantes et militants de la LDH, partout en France, interviennent auprès des enfants et des jeunes dans le cadre de différents projets, tels que les concours de plaidoiries organisés chaque année sur de nombreux territoires avec des lycéennes et lycéens, et depuis peu auprès de certaines classes de collèges.

La LDH bénéficie d’un agrément de l’Education nationale.

Si vous êtes intéressé-e par ce projet ou si vous souhaitez des conseils sur sa mise en place, prenez contact avec : plaidoiries.hdf@ldh-france.org

Le but du concours est de débattre avec les citoyennes et citoyens de demain, de leur donner à réfléchir sur la société d’aujourd’hui, d’approfondir leur connaissance des droits fondamentaux, au niveau national comme mondial. Ils peuvent ainsi découvrir la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) et la LDH, mieux connaître les institutions et les acteurs de la justice et du droit et apprendre à argumenter et plaider publiquement.

Plusieurs sections de la LDH organisent des concours de plaidoiries (Avranches, Metz, Fontenay…), c’est le cas dans les Hauts-de-France où l’expérience de la section de Compiègne Noyon génère un développement régional.

Finales du concours de plaidoiries,
en 2019 en Hauts-de-France
Finales régionales 2019 en Hauts-de-France

Un projet en 6 étapes

Exemple du déroulé du projet en Hauts-de-France

1. Des membres de la LDH rencontrent les professeurs et les élèves afin de leur présenter la DUDH, le travail de l’association et les modalités du concours. Leurs modes d’intervention sont déterminés en commun et selon les besoins avec les chefs d’établissement et les professeurs volontaires. Ils appuient les élèves dans le choix d’un sujet qui leur tient à cœur et en relation avec les droits de l’Homme et dans l’élaboration de leurs plaidoiries. Les jeunes peuvent également être amenés à rencontrer divers intervenants du domaine de la justice et de la lutte contre les discriminations, notamment des avocats, mais aussi des partenaires associatifs spécialisés sur tel ou tel droit (violences faites aux femmes, homophobie, collectif d’aide aux migrants…).

2. Le concours est ouvert à tous les lycéens des classes participantes. Sur certains territoires, le concours s’adresse également aux collégiens de 4e et 3e. Les élèves, seuls ou en groupe de deux ou trois maximum, choisissent un sujet en rapport avec un des articles de la DUDH et présentent une plaidoirie de six à huit minutes sous la conduite de leurs enseignants. Les bénévoles peuvent être sollicités par les professeurs ou les élèves pour les aider à définir un thème précis, pour remotiver certains groupes, pour la mise en forme voire la mise en scène, pour vérifier que leur droit entre bien dans le « cadre » du concours.

3. Une fois élaborées, les plaidoiries sont présentées devant la classe qui choisit son ou ses représentants en vue de la finale locale. Des bénévoles de la LDH reviennent souvent en classe lors de ces étapes pour donner des conseils, aussi bien sur le fond que sur la forme.

4. Lors de la finale locale tous les élèves participant au projet (lors de l’année scolaire) sont également présents pour soutenir les lauréats montant sur scène. En effet, la finale locale se déroule à l’extérieur de l’établissement scolaire, dans un endroit prestigieux comme un théâtre ou un centre culturel. Tant au niveau local que régional, le jury est composé du maire de la ville, d’un représentant des professeurs et/ou des élèves, du monde judiciaire (avocat, juge…), du délégué des droits (représentant national ou délégué local), d’un ou d’une journaliste…

5. Si les établissements engagés sont nombreux, une finale départementale peut être organisée.

6. La dernière étape est la finale régionale où se retrouvent les lauréats de chaque établissement participant au sein de la région.

Pour les élèves, c’est un exercice oral qui les pousse à effectuer un travail différent sur la forme. Des élèves timides s’expriment et des élèves en décrochage scolaire se mobilisent et se révèlent. C’est un temps de parole où ils peuvent exprimer leur opinion, développer des arguments pertinents et un style oratoire particulier. C’est aussi un engagement personnel. C’est enfin une valorisation importante : ils nous interpellent et nous les écoutons. Et ce travail peut aussi valoriser leur curriculum vitae.
Toutes et tous sont récompensés par un diplôme. Ils deviennent « Ambassadeur » et « Ambassadrice » des droits, et ils en sont très fiers !

Témoignages de jeunes

Interview de Planmédie, Lili & Jasmine
sur la plaidoirie “Le racisme aux Etats-Unis hier, aujourd’hui et demain ?”, 2019
Interview de Madeleine & Julia
sur la plaidoirie “Ils étaient 3 et j’étais seule”
Interview de Fatoumata
sur la plaidoirie”L’éducation, un droit pour tous”
Interview d’Augustin, Bastien & Antoine
sur la plaidoirie “Les oubliés du 3ème âge”

Florian Dumoulin, lauréat

Mon aventure au sein du concours de plaidoiries commence un jour de septembre 2017 dans un lycée où personne ne connaissait la LDH, où la politique était taboue mais où les idées extrémistes pouvaient être courantes. Je suis de cette génération de lycéens qui a connu par deux fois une minute de silence en seulement un an. Deux minutes de silence pour se recueillir et penser à notre pays meurtri, et c’est tout. Ce sentiment d’inaction face à l’obscurité je l’ai partagé avec mon camarade de classe Clément Duez pendant toutes mes années de lycée. En classe de terminale, quand on nous a proposé de défendre un droit, la liberté d’expression nous est venue naturellement. Nous étions Charlie mais notre pays l’était-il encore ?

L’écriture d’une plaidoirie sur la liberté d’expression nous a autant fascinés qu’effrayés. Nous avons pris conscience, à 17 ans, que ce droit qu’on pensait acquis était en danger. Ce droit nous l’avons défendu avec toute une classe. Ce concours n’est pas un affrontement de joutes verbales entre lycéens, c’est l’apprentissage d’un droit. On l’apprend, on se l’approprie, on le défend, on le transmet.

Lorsqu’on atteint la finale composée d’un public de quatre-cent personnes, on comprend du haut de nos 15, 16 ou 17 ans qu’on joue un moment important de notre vie. C’est un moment d’expression et de liberté que jamais on n’a connu auparavant et que, bien souvent, jamais on ne reconnaîtra réellement par la suite. Avec ce concours, nous sommes libres de parler, personne ne nous censure et tout le monde écoute ce qu’on a à défendre. Dans ce contexte, gagner n’est qu’un plus. La véritable victoire se joue à notre passage sur scène, à la réaction du public plutôt qu’à celui du jury. Le partage prend le pas sur la note.

C’est en discutant, en débattant et en transmettant que nous pouvons éveiller les consciences. J’ai donc intégré la LDH pour aider à l’organisation d’un concours qui m’a tant apporté. De plus, je me suis orienté vers les bancs de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye afin de servir mes concitoyens. J’ai rencontré des ligueuses et ligueurs, des professeurs et des amis qui partagent avec moi l’esprit de la LDH, un esprit unique de solidarité.

Un jour de septembre 2017, des ligueurs sont venus dans une salle de classe partager leurs valeurs et leurs convictions et tout un lycée s’est approprié le sens de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

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