Police municipale de Carcassonne : à l’image du parti politique de son maire

Le Midi Libre diffusait le 8 septembre 2026 une vidéo résultant d’un enregistrement réalisé au cours d’une patrouille de police municipale dans la nuit du 6 novembre 2025, dans laquelle des policiers municipaux de Carcassonne tiennent des propos racistes, sexistes, homophobes et complotistes. Il est ainsi possible d’y entendre : « Ils roulent vite, ces bougnes, hein ? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd’hui une voiture… », déclare notamment l’un des agents, qui prend le plus souvent la parole sur la vidéo accidentellement captée par la caméra-piéton d’un des policiers, dont des extraits ont été rendus publics mardi soir par le Midi libre. « J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan… », poursuit-il sur cette vidéo, avant de lancer : « On est devenus chrétiens sous Clovis, on va devenir musulmans sous Macron ». Un des autres policiers présents dans la voiture lance également, en croisant un passant : « C’est un bougnoule qui pue le kebab ».

Après l’appel d’une administrée qui dit avoir percuté un animal avec sa voiture, l’un des policiers s’inquiète : « J’espère que ce n’est pas un gamin, ou quelqu’un, qu’elle a percuté ». L’agent qui prend le plus la parole lui répond en plaisantant : « Non, c’est peut-être un migrant, un petit Kirikou » avant d’ajouter, en imitant un accent caricatural : « Kirikou dans la savane, il est percuté, il est venu en France, il est percuté par un véhicule ».

Le même policier relaie également, dans une tirade homophobe, la théorie complotiste selon laquelle Brigitte Macron serait une personne transgenre. « On essaye de cacher ça au monde entier », dit-il. Après avoir visionné une vidéo sur la guerre d’Algérie, il commente : « Et alors ? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats ils ont niqué ? (…) Après, où commence la torture ? ».

Le policier municipal qui prend le plus la parole est très investi au Rassemblement national. Il a notamment prêté main-forte au Département protection sécurité (DPS), le service d’ordre du parti, en assurant la sécurité rapprochée du président du RN, Jordan Bardella, lors de son déplacement à Carcassonne, le 7 février 2026, pour y soutenir l’actuel maire de la ville, Christophe Barthès (RN), alors candidat aux élections municipales. Une présence captée par des photos prises par l’AFP et Le Monde au cours de ce déplacement.

Si ces faits caractérisent plusieurs infractions pénales dont celles d’injure à caractère raciste ou de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, ils constituent également de graves manquements aux obligations déontologiques auxquelles sont soumis les agents de police municipale.

La LDH a saisi le procureur de la République et le préfet dès le 10 septembre 2026 afin que l’agrément de ces agents soit suspendu immédiatement à titre conservatoire puis, après enquête révélant la responsabilité de chacun d’entre eux, au retrait de cet agrément pour chacun des responsables.

Par une correspondance du 23 septembre 2026, le préfet de l’Aude nous informait que le procureur de la République avait procédé au retrait des agréments des policiers municipaux de même qu’à un contrôle de la police municipale mené par l’Inspection générale de l’administration.

Soutenez les combats de la LDH

Les droits et les libertés ça n’a pas de prix, mais les défendre a un coût.