La mise en œuvre des Plans interministériels de lutte contre les violences faites aux femmes

Par Christiane Véron, membre du Comité central de la LDH et du groupe de travail « Femmes, genre, égalité »

 

 Le 5e Plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes 2017-2019 (1) met l’accent sur le renforcement des dispositifs qui ont fait leurs preuves pour assurer l’accès des femmes à leurs droits, tels les lieux d’écoute de proximité (327 en 2016) ou le numéro d’appel « 3919 » ; le renforcement de l’action publique vers les enfants, les jeunes femmes et le milieu rural ; la lutte contre le sexisme.

 

Le département est l’échelle de mise en œuvre de ces politiques depuis 2005. La déléguée aux droits des femmes élabore un dispositif, sous l’égide du préfet et du procureur, qui vise à créer un réseau constitué de services de l’Etat, de collectivités locales, de structures et d’associations très diverses. Un protocole ou charte dit ce sur quoi agit chaque signataire. Il est le plus souvent triennal, et peut permettre aux services de l’Etat de soutenir le travail des partenaires.

 

Il n’y a pas de modèle de protocole, ni de liste type de partenaires. Ils sont donc différents d’un département à l’autre, pas forcément bâtis au même rythme, avec un nombre de signataires plus ou moins étoffé. Certains sont accessibles sur Internet (2).

 

L’intérêt d’un réseau ainsi constitué est de permettre, par la diversité des partenaires, un accompagnement le plus large possible des femmes ayant subi des violences, tout au long du parcours qu’elles auront choisi : signalement, sécurité, mise en place du « téléphone grave danger », conseils juridiques, soutien psychologique, prise en charge de femmes migrantes, hébergement, réinsertion, etc. Avec des actions de sensibilisation et de prévention auprès des jeunes et du grand public, de formation des acteurs partenaires, voire des stages pour les auteurs de violences.

 

Néanmoins, la couverture territoriale reste à compléter ainsi que l’engagement financier de soutien aux associations engagées localement. La vigilance sur la prise au sérieux des dépôts de plainte et leur suivi judiciaire est un impératif. Pour chacune de ces femmes, le parcours de sortie de la violence est toujours long et complexe. Lutter contre les violences, c’est se mobiliser contre le sexisme et les inégalités (3).

 

 

[1] 5e plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes.

[2] A titre d’exemples : www.indre-et-loire.gouv.fr/Politiques-publiques/Droits-des-femmes-et-egalite-entre-femmes-hommes/Prevention-et-lutte-contre-les-violences-faites-aux-femmes/Protocole-departemental-de-prevention-et-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-femmes; www.calvados.gouv.fr/IMG/pdf/PROTOCOLE.pdf.

[3] Il est possible pour les sections de la LDH de s’intégrer à ce dispositif départemental, à partir de leur permanence juridique ou de toute autre action liée aux droits des femmes.

 

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