Lettre « Les droits de l’Homme en Europe orientale et dans l’espace post-soviétique » n°30 – novembre-décembre 2018

EDITORIAL

Depuis 2017, l’Université d’Europe centrale (CEU), basée à Budapest, est l’objet de nombreuses attaques de la part du gouvernement hongrois. Fondée à l’initiative de Georges Soros, qui subit des attaques d’un antisémitisme virulent dans toute l’Europe, elle se voit donc obligée d’ouvrir un nouveau campus à Vienne à partir de 2019. En Russie, le cinéaste ukrainien Oleg Stentsov continue d’être emprisonné et nombre de journalistes subissent menaces et intimidations de la part du gouvernement. En Pologne, la nouvelle direction du musée de la Seconde Guerre mondiale modifie en profondeur l’exposition permanente en l’inscrivant dans une narration nationaliste et ethno-religieuse. La loi reformant l’Institut de la mémoire nationale en Pologne, votée en début de 2018, criminalisait, quant à elle, des propos sur la responsabilité des Polonais non juifs dans la Shoah. Cette fois, grâce à une campagne internationale, la loi a finalement été abrogée en juin.

Il s’agit bien évidemment dans chaque cas de situations singulières et la rigueur nous invite à les analyser pour ce qu’elles sont, toujours dans leur contexte. Mais l’ampleur du phénomène liberticide nous invite à construire ripostes et mobilisations d’une toute autre ampleur qu’à l’heure actuelle. Il ne s’agit en effet de rien moins que de la défense des valeurs démocratiques partout en Europe centrale et orientale, mais également partout en Europe ! Ce serait sans doute la meilleure manière de commencer l’année 2019, que de l’inscrire sous le signe de la solidarité.

Télécharger la lettre Europe orientale et dans l’espace post-soviétique n°30

Share This