Journée mondiale des réfugiés : pour le respect du droit d’asile en France

Communiqué de la LDH

A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, ce 20 juin, la LDH réaffirme son engagement en faveur d’un droit d’asile respectueux de la Convention de Genève.

« Le nombre de personnes contraintes de fuir les conflits, la violence, les violations des droits humains et les persécutions a franchi la barre vertigineuse des 100 millions pour la première fois, sous l’effet de la guerre en Ukraine et d’autres conflits meurtriers », a averti récemment le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi.

Les deux tiers d’entre elles restent sur le territoire de leur pays d’origine mais plus de 80% de celles qui franchissent les frontières trouvent refuge dans les pays les plus proches de celui qu’elles doivent fuir. L’Europe et les pays les plus riches, dont la France, n’en accueillent qu’une petite minorité.

La mobilisation des services de l’Etat comme de la population pour l’accueil de celles et ceux qui ont dû fuir l’Ukraine agressée montre pourtant qu’un accueil digne est possible pour toutes celles et tous ceux qui fuient leur pays, quels qu’en soient les motifs dès lors que la volonté politique existe.

Et pourtant, depuis des années, celles et ceux qui devraient bénéficier de notre solidarité et de notre hospitalité, sont l’objet de campagnes d’attaques permanentes et subissent des législations de plus en plus restrictives qui dégradent les conditions de l’asile.

Avec de nombreuses autres associations, la LDH demande le respect de ce droit fondamental qu’est l’asile :
Pour des voies d’accès sûres et la délivrance notamment de visas humanitaires pour celles et ceux qui fuient leur pays : la politique de fermeture des frontières européennes fait chaque année des milliers de morts en Méditerranée (plus de 48 000 depuis 1993 selon l’ONG United for Intercultural Action qui documente cette triste réalité).
Pour la suppression des contrôles illégaux aux frontières intérieures de l’Espace Schengen : alors que la France vient une nouvelle fois de demander la prolongation du contrôle à ses frontières (situation dramatique à Vintimille et dans le Briançonnais notamment), la Cour de justice de l’Union européenne vient de rappeler l’illégalité de ces contrôles.
Pour l’abrogation du règlement « Dublin » qui contraint les demandeurs d’asile à déposer leur demande dans le premier pays européen où ils arrivent et non dans celui de leur choix ce qui condamne des milliers de personnes à vivre des années dans la clandestinité, la misère et l’errance. Aujourd’hui, c’est le cas d’environ 40% des personnes qui demandent l’asile en France.
Pour un examen de qualité des demandes d’asile :
* Suppression des notions de pays d’origine sûrs et de pays tiers sûrs qui conduisent à un examen accéléré et le plus souvent défavorable pour les personnes originaires de certains pays, même si les droits des femmes y sont bafoués, si les homosexuels et nombre de minorités y sont persécutés,…
* Droit des demandeurs d’être entendus lors des jugements en appel devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) qui rejette un grand nombre de demandes par ordonnance sans même écouter les demandeurs.
Pour un accueil digne grâce à un accès immédiat aux soins, à la langue, au marché du travail et à la formation :
* Toute demande d’asile devrait être enregistrée immédiatement mais la dématérialisation du traitement des dossiers éloigne beaucoup de demandeurs d’un accès réel aux droits.
* Tout demandeur d’asile a droit à un logement mais près de la moitié des demandeurs d’asile ne bénéficient pas d’un hébergement.
* Tout demandeur d’asile devrait avoir le droit immédiat de travailler alors qu’il faut attendre six mois qu’il puisse déposer une autorisation qui est de plus souvent en plus refusée

Paris, le 20 juin 2022

Téléchargez le communiqué de la LDH à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, au format PDF

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