Grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République

Par Françoise Dumont, membre du Comité central de la LDH

Les attentats de début janvier ont suscité un certain nombre de déclarations et d’initiatives de la part des pouvoirs publics. Dans ce cadre, plusieurs ministères ont sorti leur « plan d’action », semblant parfois découvrir des maux qui gangrènent notre pays depuis longtemps. L’Éducation nationale n’a pas ménagé sa peine, multipliant les réunions et les déclarations. Une première salve de mesures a été annoncée le 22 janvier, une deuxième le 9 février. La LDH n’étant ni un syndicat d’enseignants, ni une fédération de parents d’élèves, ni un mouvement pédagogique, elle n’a pas vocation à s’exprimer sur chacune des dispositions adoptées. Pourtant, dans la mesure où les objectifs affichés touchent à la construction de valeurs communes, à la laïcité, à la citoyenneté, la LDH est pleinement concernée. Dans les mois qui viennent, elle sera sans doute conduite à intervenir encore davantage dans les établissements scolaires et dans les différentes structures où se trouvent des jeunes et des formateurs. Elle le fera seule, mais aussi en lien avec d’autres associations, notamment celles de l’éducation populaire.

Les militants de la LDH sauront s’inscrire dans cette mobilisation qui veut accorder une large place aux associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et pour la défense des droits de l’Homme. Mais personne ne doit se bercer d’illusions… fussent-elles pédagogiques ! Même si elle peut beaucoup, l’École ne peut pas tout, et il ne suffira pas d’en appeler de manière incantatoire à la défense des valeurs républicaines si une large partie de la population a l’impression que la réalité contredit en permanence les principes mêmes d’une République fondée à la fois sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Les pouvoirs publics pourront continuer à sanctionner à tout-va les dérapages, le travail d’éducation se révélera insuffisant s’il ne s’accompagne de politiques publiques qui donnent enfin vie et confiance à un projet fondé sur la lutte contre les discriminations, les exclusions et les inégalités, pour en faire la base d’un vivre ensemble non plus postulé mais effectif.

 

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