Mais que fait-on donc pour le Climat ?

Par Jean-Louis Galzin, groupe de travail « Développement durable »

Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) vient de publier la synthèse de son cinquième rapport, et les espoirs d’un accord mondial « contraignant » concernant le réchauffement climatique semblent plus que jamais dépendre du « nécessaire » succès de Paris-Climat 2015 (ou COP21, Conférence des nations Unis sur le Climat en 2015).

Il y a un mois, l’Europe a adopté son « Paquet Climat 2030 », et, plus récemment, les Etats-Unis et la Chine, pays en tête des émissions de gaz à effet de serre (GES), ont signé un accord bilatéral de réduction de ces émissions.

Doit-on pour autant être optimiste ?

Pour l’accord européen, qualifié d’ « historique » par une dépêche du Monde (essentiellement parce que le président du Conseil européen avait parlé a son sujet de « politique énergétique et de climat la plus ambitieuse au monde »), il est un peu plus tard considéré « obtenu à l’arraché », puis comme un « accord a minima », et certains n’hésitent pas à parler de « délinquants du climat » a propos de nos chefs d’Etat !

A la vérité, le projet adopté est proche de la proposition de la Commission, déjà jugé peu ambitieux par les associations de défense de l’environnement.

Entre les lobbies des énergies fossiles et les gouvernements des pays soit sceptiques, soit fortement dépendants du charbon, la pression était forte, et le chiffre de 40 % de diminution des GES en 2030 par rapport à 1990 est plutôt supérieur à ce qu’espérait les lobbies industriels. Il ne semble toutefois pas très ambitieux par rapport aux engagements européens pour 2020 (presque atteints à ce jour), ni surtout en ligne avec les scénarios optimistes ou médians du Giec, pour lesquels c’est la rapidité d’atteinte d’un objectif qui est importante.

Mais c’est probablement l’objectif d’énergies renouvelables qui semble peu en phase avec les ambitions affichées de l’Europe dans ce domaine : outre qu’il n’est pas contraignant, il risque de ne pas donner à la transition énergétique européenne le signal dont elle a besoin.

Quant à l’accord Chine-Etats-Unis, lui aussi salué du terme « historique », s’il constitue un bon signal en montrant, particulièrement pour la Chine, que la problématique climatique était sur l’agenda de ses dirigeants, il reste très en deçà des réductions calculées par le Giec pour un réchauffement climatique « acceptable » : ces deux pays émettant 45 % des GES de la planète, ce sont largement leurs performances qui vont orienter l’ampleur du réchauffement à venir. Or les Etats-Unis promettent 28 % de réduction en 2025 vs 2005 (ce qui, ramené à l’année 1990 de comparaison internationale, équivaut à 14 %), et la Chine promet… de commencer à réduire ses émissions à partir de 2030 !

La LDH, membre de la coalition « Les Acteurs en transition énergétique », continuera à soutenir une politique volontariste :

– dans la réduction à très court terme des GES ;

– dans la promotion des énergies renouvelables et des économies d’énergie, conditions nécessaires d’un monde viable et vivable pour tous.

 

 

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