Bulletin « Les droits de l’Homme en Chine » n°141 – Décembre 2021

Totalitarisme, mensonges et guerre des nerfs en Asie orientale

Il s’est passé beaucoup de choses depuis deux ans, à l’intérieur de la Chine comme dans ses relations avec l’extérieur. Les équilibres mondiaux se sont profondément modifiés, les grandes puissances ont réorienté leur stratégie et construisent de nouvelles alliances. Aux menaces traditionnelles sur les droits de l’Homme s’ajoutent celles que font inévitablement naître les conflits, nés des prétentions territoriales ou des défis que se lancent les deux grandes puissances mondiales. Jamais depuis trois décennies on ne s’est autant interrogé sur la nature d’un éventuel affrontement sino-américain et sur les domaines où il se déploierait. Or il n’y a pas de guerre sans violations massives des droits de l’Homme.

S’il était d’ordre militaire, le conflit mettrait en jeu des forces aériennes, balistiques, sous-marines ou terriennes qui n’ont cessé de progresser ; s’il était d’ordre technique, le conflit toucherait à tous les secteurs de pointe, des rivalités spatiales à la maîtrise de l’informatique et aux progrès des biochimies. Même sans guerre ouverte, de tels bouleversements impliqueraient un renforcement des appareils d’État et, par suite, une remise en cause des droits de l’Homme, tant à l’échelle individuelle qu’à celle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. On en voit déjà les effets à l’intérieur de la Chine et à sa périphérie.

Le pouvoir chinois croit pouvoir à moyen terme occuper une position dominante dans le monde. Tel est le rêve que Xi Jinping propose depuis son accession au pouvoir en 2013. Dans la perspective d’affrontements encore indéfinissables, le Parti et son chef s’accordent un pouvoir absolu assis sur des techniques qu’aucune monarchie n’a détenues dans le passé. Le Parti c’est l’État et l’État prétend être le pays : qui critique le chef du Parti attaque la nation chinoise, fait le jeu des puissances étrangères et doit donc être lourdement châtié.

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