Bulletin Chine septembre 2010 : « Tensions internationales et droits de l’Homme »

Le bulletin n°49 de septembre 2010, du groupe de travail « Chine » de la LDH est paru. Comme l’ensemble de ses prédécesseurs, il est disponible en ligne sur le présent site à la rubrique « Groupes de travail ». C’est un outil unique d’information et de réflexion. Bonne lecture ! Vous lirez ici directement l’article éditorial de ce bulletin.
Les droits de l’homme relèvent d’ordinaire des affaires intérieures. C’est pourquoi ce
bulletin ne traite habituellement pas de la politique étrangère chinoise. Cependant
tensions internationales et situation intérieure ne sont pas entièrement dissociables
et leurs liaisons sont parfois fort complexes. Les événements de ce mois en sont
une illustration avec une spectaculaire poussée vers l’extérieur du territoire.

Le 7 septembre, un chalutier chinois est venu heurter deux patrouilleurs nippons
dans une zone maritime administrée par le Japon, à proximité des îles Diaoyu
sur lesquelles la Chine (Beijing et Taipeh) estime avoir des droits historiques. Le
navire arraisonné a été restitué, les matelots ont recouvré la liberté le 13 et le
capitaine est retourné sur le continent le 25 septembre. Il y eut non seulement
quelques manifestations antijaponaises ici et là, d’ailleurs bien encadrées, mais aussi
la suspension d’échanges ministériels bilatéraux, l’arrêt de la concertation sur le
développement des échanges aériens et maritimes et l’annulation de tournées
culturelles et de circuits touristiques, voire une menace de ne plus exporter les
terres rares dont l’industrie japonaise a grand besoin. Beijing arrête quatre «espions»,
demande des excuses ; Tokyo exige des réparations.

Ces effets de manches s’accompagnent de quelques prises de position surprenantes :
comme le Guomindang à Taiwan demande instamment le démantèlement des missiles
du Fujian pointés vers l’île, Beijing a affirmé que cette requête était déraisonnable
puisque les fusées pouvaient servir, dans l’intérêt des deux régimes à défendre les
Diaoyu contre l’occupation japonaise. En même temps, le conflit des îles enfonce
un coin entre Taiwan et les États-unis puisque Hillary Clinton a rappelé que les
Diaoyu étaient incluses dans le périmètre de protection du traité nippo-américain
de défense.

Ces tensions servent aussi à justifier le projet de construction d’un porte-avions, ne
serait-ce que pour faire pièce à la marine américaine : elle avait déployé le porteavions
nucléaire Washington lors des manoeuvres en Mer Jaune de fin juillet ; le
bâtiment pourrait revenir pour d’autres manoeuvres en octobre.

En mer de Chine méridionale, Beijing réaffirme au nom de l’histoire sa possession
des îles et des archipels, rejetant les prétentions des Philippines, de Brunéi, de la
Malaisie et du Vietnam, au risque de voir se constituer un bloc hostile au sein de
l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est.

De l’autre côté de la Chine, à quelques milliers de kilomètres, un exercice conjoint
de lutte contre le terrorisme a rassemblé les armées du groupe de Shanghai. Beijing
et Moscou y ont échangé leur expérience et fait cause commune dans la lutte
contre les séparatistes islamistes : Ouighours d’un côté, Tchétchènes de l’autre.

Ainsi Beijing fait flèche de tous bois, réveillant la cohésion nationale face au Japon,
essayant de maintenir la pression militaire sur Taiwan au nom des intérêts communs
des Chinois des deux côtés du détroit, développant sa flotte en direction du sud
et mobilisant les armées d’Asie centrale pour mieux lutter contre la tentation d’un
Turkestan oriental. Sans cesser d’affirmer qu’il ne désire que la paix et l’entente des
peuples.

Télécharger le bulletin Chine n°49.

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