Une militante de la LDH injustement poursuivie

Communiqué LDH

Sakina Arnaud, militante de la Ligue des droits de l’Homme qui a appliqué dans un supermarché de Talence (Gironde) des autocollants appelant au boycott des produits israéliens; a fait l’objet de poursuites pour incitation à la haine raciale et sera jugée à ce titre mercredi 13 janvier 2010.La Ligue des droits de l’Homme considère que ces poursuites sont non seulement injustifiées mais extrêmement choquantes, l’acte de cette militante ne pouvant une seule seconde être considéré sérieusement comme une incitation à la haine antisémite. Plus généralement, la LDH refuse que toute critique de la politique des gouvernants israéliens et tout acte d’opposition aux graves violations des droits de l’Homme dont ces gouvernants se rendent coupables depuis des années soient taxés d’antisémitisme : cet amalgame est non seulement insultant pour les citoyens qui émettent ces critiques mais extrêmement dangereux y compris pour la lutte contre la haine antisémite que la LDH mène depuis son origine même.

Pour autant, la Ligue des droits de l’Homme tient à rappeler que, comme la Plateforme des ONG pour la Palestine dont elle est membre, elle n’appelle nullement au boycott de l’ensemble des produits israéliens mais seulement à celui des produits fabriqués par des entreprises israéliennes implantées dans les colonies, produits qui devraient, si les normes européennes étaient respectées, être clairement identifiables par chaque consommateur. Cette position découle logiquement de l’illégalité incontestable de la colonisation israélienne dans les territoires occupés, alors que l’existence de l’Etat d’Israël est évidemment hors de débat aux yeux de la Ligue des droits de l’Homme.

Alors que l’injustice faite au peuple palestinien perdure dans une inacceptable indifférence de la communauté internationale, il importe plus que jamais d’éviter les confusions qui, qu’elles soient intentionnelles ou involontaires, ne peuvent que desservir la cause de l’universalité des droits et du respect de l’ensemble des populations concernées.

Paris, le 12 janvier 2010

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