Un nouveau suicide à la maison d’arrêt de Seysses : la honte de la République

Communiqué LDH Toulouse

La maison d’arrêt de Seysses vient d’enregistrer le troisième suicide de détenu depuis le 8 octobre 2009.

La section de Toulouse de la Ligue des droits de l’Homme rappelle et condamne les conditions déplorables de détention de la maison d’arrêt de Seysses : taux de surpopulation inacceptable (784 détenus pour 595 places), familles accueillies de façon indigne, etc. A cela s’ajoutent les difficultés de travail des avocats qui interviennent auprès des détenus ainsi qu’un manque récurrent de surveillants, dénoncé par les syndicats de personnels de l’administration pénitenciaire.

Elle rappelle l’importance essentielle pour les détenus de l’accès au travail en prison pour la réussite d’une réinsertion sociale (environ 120 places pourvues pour 784 détenus à la maison d’arrêt de Seysses !)

Elle alerte sur la paupérisation de la population carcérale et sur l’augmentation de la présence de détenus présentant des maladies ou des troubles mentaux ainsi que sur un accès aux soins déficient, un suivi médical inexistant, voire parfois une totale absence de soin !

Ce nouveau drame survenu à la maison d’arrêt de Seysses ne peut qu’être rapproché des multiples condamnations prononcées par la Cour Européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme depuis de nombreuses années.

La Ligue des droits de l’Homme de Toulouse préconise:

– de rendre humanité et dignité et de porter assistance à toutes les personnes en danger en prison: il n’y a pas de temps à perdre en expériences supplémentaires, coûteuses et redondantes avec celles qui ont déjà fait leurs preuves,

– la multiplication des aménagements de peines, la réintégration et l’ouverture à la société civile afin de redonner un sens à la peine,

– la garantie à tous les condamnés de recevoir l’appui, les repères, l’ancrage dans la vie et les perspectives d’avenir, en favorisant les liens familiaux,

– l’instauration en urgence d’un statut officiel de parrainage du prisonnier, permettant de pallier toute impossibilité familiale. Nous exigeons que les familles et proches soient informés et respectés, accompagnés et protégés tant pendant l’incarcération d’un(e) proche que lorsqu’un décès intervient. Nous exigeons que les mesures d’accompagnement juridique, psychologique ou matériel soient prises en charge par le Ministère de la Justice.

“Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants”.

Article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Toulouse, le 25 janvier 2010

Share This