Quatre atouts pour changer la donne !

Depuis plusieurs années, la priorité a été donnée, par le Conseil européen, à la consolidation de l’Union économique et monétaire, alors même que les critiques et les faits montraient que cette politique n’est pas capable seule de réaliser la cohésion de la zone. Cela s’est fait au détriment de la dimension sociale de l’Europe, et cela a augmenté la concurrence entre les Etats membres et entre les peuples. Or, la dimension économique et budgétaire et la dimension sociale sont complémentaires et devraient être articulées plus équitablement.En effet, répondre aux craintes d’exclusion sociale des citoyens, contrebalancer le risque de paupérisation et de marginalisation qui croît et assurer leur sécurité à travers la cohésion sociale exige que l’Union européenne renforce la dimension sociale de ses politiques. C’était d’ailleurs l’un des objectifs fondateurs de la construction européenne à son origine.

Mettre fin à la course au « tout marché »
L’Europe doit passer d’un modèle cherchant à englober toute l’activité humaine dans une logique de concurrence par le marché à un modèle capable de répondre aux aspirations citoyennes de solidarité, de respect mutuel et de justice sociale. Un tel modèle devrait reposer sur une définition du bien-être, penser l’économie au service des citoyens et de l’environnement, et non l’inverse. A l’opposé de la recherche d’une croissance quantitative, c’est une économie permettant des conditions de vie décentes pour tous, l’accès à la santé, à l’éducation et au bien-être qu’il nous faut.

Arrêter de traiter les politiques de cohésion à la baisse
Renforcer l’accès universel à l’emploi, à un revenu décent, à la santé, à l’éducation, au logement, à l’environnement, aux sécurités sociales, à des politiques communes pour faire face à la crise de l’endettement implique une redistribution des richesses existantes au travers de politiques budgétaires, tant du côté des ressources que des dépenses, rouvrant la perspective d’un destin commun des peuples au sein de l’Union. Pour sa partie européenne, il paraît nécessaire de pouvoir s’appuyer sur un retour à des ressources propres plus élevés et au niveau communautaire à un renforcement significatif des transferts financiers des pays/territoires riches vers les entités pauvres. L’inverse du mouvement des dix dernières années.

Installer le social à sa véritable place
L’Europe est confrontée à de tels déséquilibres économiques et sociaux que leur résolution implique réflexion et profonds changements pour clarifier et redéfinir la nature des politiques européennes qui sous-tendent le projet européen lui-même. Le « récit » dominant qui affirme que la crise ne vient pas de la spéculation financière mais de trop d’interventions publiques (via les services d’intérêts généraux et les dépenses sociales), combinées avec une soi-disant fainéantise des citoyens des « PIIGS » (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne), n’est ni juste factuellement, ni acceptable politiquement tant il s’oppose directement aux fondations, à la philosophie et aux principes de notre contrat européen.

Des services publics rénovés pour l’accès aux biens communs
La volonté d’opposer les services d’intérêts généraux assurant l’accès universel aux biens publics (comme l’éducation, la santé, les sécurités…) et la viabilité des marchés doit être rejetée. Parce qu’il s’agit bien de renforcer la cohésion sociale et de respecter la dignité humaine, les politiques européennes doivent garantir l’accès universel et égal aux biens publics fondamentaux, indépendamment des moyens financiers de chacun(e). Il convient de prendre la mesure de ce que la zone monétaire, au lieu d’être optimale et de sécurité pour les parties prenantes, s’est révélée être une zone de concurrence renforcée. La correction de cet effet est indispensable.

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