Non à la présence de ceux qui tiennent des propos racistes, antisémites et xénophobes à la tête des médias publics

L’AEDH s’associe à Otwarta Rzeczpospolita – Open Republic dans sa protestation contre la nomination d’un ancien néo-fasciste au poste de Président de la télévision publique polonaise TVP et appelle à la vigilance face à la persistance et à la montée de l’antisémitisme et de la xénophobie en Pologne.

Aux Président de la Diète, Président du Sénat, Premier Ministre de la République Polonaise, Ministre du Trésor Public, Députés et Sénateurs

Varsovie, le 27 mars 2009

Mesdames et Messieurs,

Nous nous adressons à vous avec un sentiment d’impuissance citoyenne face à la situation liée à la nomination d’un ancien néofasciste, Piotr Farfał, au poste de président par intérim de la Télévision Polonaise (TVP). Cette situation résulte, sans aucun doute, de la scandaleuse politique de coalition du précédent premier ministre, laquelle avait mis en avant des personnes prônant publiquement le racisme, la xénophobie et l’intolérance. Aujourd’hui, les nouvelles autorités de la République Polonaise ne doivent pas rester passives face aux conséquences de cette politique. Nous nous adressons à vous, parce que vous légiférez et exécutez la loi dans notre pays ; or, nous sommes déçus en voyant qu’aucune mesure n’a été prise visant à résoudre cette situation honteuse et hautement nuisible.

Ce n’est pas la première fois que nous appelons à entreprendre des actions qui pourraient aboutir à révoquer Piotr Farfał. On nous a posé la question que peut-il faire de mauvais en administrant la Télévision Polonaise. Nous avons répondu qu’il suffisait qu’il ne fasse rien de bon. Aujourd’hui, à peine deux mois plus tard, nous pouvons présenter une longue liste des conséquences néfastes de ses décisions et instructions. Utilisant son poste, le président Farfał confie généreusement les fonctions dirigeantes dans l’administration de la TVP à des copains qui lui ressemblent, c’est-à-dire à des gens non professionnels, sans compétences et sans expérience ; des gens connus notoirement, par contre, pour leur participation dans des incidents racistes infamants et par leurs déclarations à consonance xénophobe. Ces nouveaux directeurs dans les structures de la TVP, copieusement payés de nos impôts, ce sont, entre autres, Ryszard Parda, Szymon Pawłowski, Marcin Rostowski et Konrad Bonisławski. Tous les jours, nous apprenons des nouveaux faits qui discréditent la télévision publique. Guidé par des considérations liées à son idéologie controversée, Piotr Farfał révoque les responsables des programmes remplissant les missions de service public, pourtant peu nombreux à la TVP ; il censure le travail des journalistes et impose la réalisation des projets contraires à l’intérêt public et aux missions d’une télévision publique.

Des institutions et organisations européennes réagissent déjà face à cette honteuse situation. Les autorités franco-allemandes de la chaîne de télévision ARTE ont déclaré qu’elles ne peuvent poursuivre leur collaboration avec Télévision Polonaise S.A. tant que son président, connu pour son nationalisme extrême, ne sera pas remplacé, car ce serait contraire aux valeurs de leur société. L’Association européenne pour la Défense des droits de l’homme (AEDH) a exprimé son indignation face au fait que la télévision publique en Pologne est administrée par un néofasciste et un nationaliste extrémiste, et a déclaré qu’elle allait attirer l’attention des organisations de droits de l’homme et des députés au Parlement européen sur cette affaire. A l’évidence, il n’est pas souhaitable que nous puissions être blâmés à cause de notre indifférence et passivité dans cette affaire.

Nous considérons qu’il faut sans délai étudier les actions juridiques et administratives indispensables, qui permettraient de s’extraire d’une situation qui apporte à la Pologne honte et préjudice. Nous sommes convaincus que s’est possible. Cette certitude s’appuie sur l’expérience de la façon immédiate dont le ministre de l’Intérieur avait solutionné une question pourtant proclamée jusqu’alors comme insoluble : celle de la restitution de la nationalité polonaise aux émigrés de Mars 1968.

Paula Sawicka, Présidente du Conseil d’administration d’OR

Jerzy Jedlicki, Président du Comité de programmation d’OR

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