Le préfet doit interdire l’hommage à l’OAS annoncé à Perpignan

Communiqué LDH

Depuis 2003, une association d’anciens membres de l’OAS, l’Adimad (Amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française) organise un rassemblement au cimetière du Haut-Vernet à Perpignan qui prétend « honorer les 116 fusillés et disparus pour que vive l’Algérie française ». La date choisie, le 7 juin, est celle de l’exécution après leur condamnation à mort (à une époque où la peine de mort n’avait pas encore été abolie) d’Albert Dovecar et Claude Piegts, assassins du commissaire central d’Alger, Roger Gavoury, le 31 mai 1961.

Rappelons qu’après la décision du tribunal administratif de Marseille qui avait ordonné le 7 juillet 2008 le démantèlement d’une stèle identique à celle de Perpignan érigée trois ans plus tôt dans le cimetière municipal de Marignane, la cour administrative d’appel de Marseille a confirmé, dans un arrêt rendu public le 23 avril 2010, que les stèles dédiées à l’OAS n’ont pas leur place sur le domaine public.

Dans ces conditions, la Ligue des droits de l’Homme se joint au collectif d’associations locales qui demandent le déplacement de cette stèle dans un lieu privé. Pour s’opposer à ce rassemblement qui constitue une forme d’apologie de crimes, elle appelle à manifester sur la voie publique aux abords du cimetière le lundi 7 juin à 10 heures, et elle prie le préfet des Pyrénées-Orientales d’interdire cet hommage à l’OAS et de prendre les mesures nécessaires à la préservation de la sérénité d’un lieu voué au respect des défunts qui y reposent, et de leurs familles.

Paris, le 26 mai 2010.

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