FICHÉS ? Photographie et identification du Second empire aux années soixante.

Vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir l’exposition « Fichés » des Archives nationales ? Curieux de refaire la visite avec des informations complémentaires et un éclairage actuel sur les enjeux du fichage du point de vue des droits et libertés individuels ? Des membres de LDH organise des médiations auprès du public autour de l’exposition « Fichés » Nous vous invitons à profiter de ces visites et vous y inscrire au plus vite !

INSCRIPTIONS

Pour vous pré-inscrire à ces visites, nous vous invitons à adresser un mail à anne.garacoits@ldh-france.org au maximum la veille du jour souhaité en précisant le jour et l’horaire ainsi que le nombre de personnes participant à la visite.

PROGRAMME des visites LDH :
– vendredi 25 nov. à 14h30
– samedi 26 nov. à 16h
– lundi 28 nov. à 10h30 puis à 14h30
– mercredi 30 nov. à 15h
– jeudi 1 déc. à 14h30
– vendredi 2 déc. à 10h30
– samedi 3 déc . à 16h
– lundi 5 déc. à 10h30 et 14h30
– mercredi 7 déc. à 14h30
– jeudi 8 déc. à 14h30
– vendredi 9 déc. à 14h30
– samedi 10 déc. à 16h
– lundi 12 déc. à 10h30
– mercredi 14 déc. à 14h30
– jeudi 15 déc. à 14h30
– vendredi 16 déc. à 14h30
– samedi 17 déc. à 14h30
– lundi 19 déc.à 10h30

PROGRAMME des tables rondes

24 nov. Les « fichiers juifs »

par Tal Bruttmann, historien, responsable de l’enquête menée en Isère sur la spoliation des Juifs

par Jean-Marc Berlière, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne et chercheur au cesdip (cnrs / ministère de la Justice), co-commissaire de l’exposition « Fichés ? »

Discussion modérée par Jean-Barthélemi Debost, chef du bureau de la médiation, Service du patrimoine culturel du Département de la Seine-Saint-Denis

1er déc. Le fichage des Algériens durant la guerre d’Algérie

par Emmanuel Blanchard, Maître de conférences au département de science politique de l’Université de Versailles-Saint-Quentin
_par Gilles Manceron, historien, rédacteur en chef de la revue Hommes et Libertés, Ligue des droits de l’Homme

Discussion modérée par Pierre Fournié, conservateur général du patrimoine, Archives nationales, co-commissaire de l’exposition «Fichés ?».

8 déc. Les forces de l’ordre face aux fichiers

par Arnaud Houte, maître de conférences en histoire à Paris IV-Sorbonne, Centre de recherche en histoire du XIXe siècle

par Laurent Lopez, doctorant en histoire, Paris iv – Sorbonne et cesdip (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales)

par Frédéric Ocqueteau, sociologue et juriste, chercheur au Cesdip

Discussion modérée par Pierre Fournié, conservateur général du patrimoine, Archives nationales, co-commissaire de l’exposition «Fichés ?»

15 déc. Les itinérants, les nomades, les Roms : quel fichage ?

par Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme

par Jean-Pierre Dacheux, philosophe

par Jean-Claude Vitran, Trésorier national de la Ligue des Droits de l’Homme

Discussion modérée par Jean-Barthélemi Debost, chef du bureau de la médiation, Service du patrimoine culturel du Département de la Seine-Saint-Denis

EXPOSITION

Du 28 septembre au 27 décembre 2011

Hôtel de Soubise

60 rue des francs Bourgeois, Paris 3e

L’exposition retrace l’histoire de l’identité citoyenne et du fichage policier en France, des sommiers judiciaires du XIXe siècle jusqu’à la systématisation dans les années 60, en passant par la « révolution Bertillon » et la naissance de la carte d’identité.

Alessio P., 23 ans en 1855, terroriste
Emma C., 28 ans en 1865, femme galante
Armand H., 38 ans en 1871, communard
Jules D., 20 ans en 1892, condamné aux travaux forcés
Jean M., 22 ans en 1899, vagabond
Gino B., 27 ans en 1903, expulsé
Antoine M., 23 ans en 1911, libertaire
Manuel P., 26 ans en 1912, anarchiste
Jeanne B., 25 ans en 1912, opiomane
Lilian C., 29 ans en 1922, espionne
Marguerite G., 19 ans en 1922, fille soumise
Andronik E., 32 ans en 1926, apatride…

Quoi de commun entre ces individus? Ils ont tous été fichés. Dés le début du XIXe siècle, leur photographie figure dans un registre, dans un dossier, sur une feuille ou sur une fiche signalétique, où se trouvent par ailleurs consignées de très sommaires données biographiques.

Généralement promis à la destruction, des millions de ces documents insignifiants qui forment ce qu’il est convenu d’appeler un « fichier » sont aujourd’hui conservés par les services d’archives, dépositaires de ces innombrables traces des multiples processus d’identification qui ont fait appel à la photographie.

C’est à cette réalité documentaire que les Archives nationales consacrent à l’automne 2011 une grande exposition intitulée Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années soixante.
Retraçant les étapes marquantes de cette histoire de l’identification à travers la photographie, des premiers essais maladroits du second empire jusqu’au recensement de 1960 en Algérie, plus de 2300 documents illustrent les conséquences de la Commune de Paris, l’invention de la photographie judiciaire par Alphonse Bertillon, les fichiers de la police judiciaire, de la sûreté de l’Etat et de l’administration pénitentiaire, les fichiers des passeports et des cartes d’identité. Les questions d’identité ne relevant pas des seules autorités de l’Etat, plusieurs fichiers d’associations et d’entreprises sont également présentés.

Pour montrer comment ce procédé d’abord appliqué au petit nombre des malfaiteurs a été étendu à des catégories de plus en plus nombreuses jusqu’à concerner l’ensemble de la population, il a été fait appel aux ressources de l’ensemble des services d’archives publics : Archives nationales, Archives nationales du monde du travail, Archives nationales d’Outre-mer, archives des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, archives de la préfecture de police, archives départementales et municipales, archives d’entreprises, etc.

Au-delà des techniques bureaucratiques ou policières de contrôle et de surveillance, c’est toute la complexité des rapports entre l’Etat et les citoyens qui se trouve ainsi révélée, entre résistance et consentement, protection et répression, indulgence et violence douce.

Au sein de cette multitude d’individus identifiés, les visages photographiés, aux regards tantôt inquiets, tantôt stupéfaits, fermés, séducteurs, insolents, parfois bouleversants, restituent à ces destins obscurs ou célèbres leur inaliénable dignité individuelle.

Pour plus d’informations : rendez-vous sur le site des Archives nationales

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