2002 – RAPPORT ANNUEL – Bouda doit rester ! – Conférence de presse LDH, élus Verts de la ville de Paris, Comité de soutien à Bouda – 23 janvier, Hôtel de ville de Paris

Entré régulièrement en France à l’âge de 4 mois avec toute sa famille pour rejoindre son père ouvrier immigré de longue date, Ahmed M’Hemdi, de son nom de scène Bouda, passe toute son enfance à Dugny (Seine Saint-Denis) où il a effectué sa scolarité, avant de devenir un danseur réputé au début du Hip Hop. A l’âge de 13 ans, il se fait remarquer dans l’émission de Sidney sur TF1, puis dans l’effervescence « underground » du centre Paco Rabanne, avant devenir la mascotte du « mouv’ » lors des premiers « Fêtes et forts » de 1984 et 1985 au milieu du casse-autos du Fort d’Aubervilliers puis aux Francs-Moisins.
Plus jeune que la plupart des autres danseurs et «breaker», doué, il rejoint le groupe mythique des       « Paris city breakers » avec Franck le «breaker fou», Scalp, Solo, Willy … puis la première tournée italienne d’« Aktuel Force ».
A l’âge de 19 ans, pris dans la spirale de la toxicomanie, Bouda est condamné, pour une affaire de stupéfiants, à une peine de 20 mois de prison (qu’il effectua). A sa sortie, il replonge. Deuxième condamnation plus lourde à quatre ans de prison assortis d’une peine « complémentaire » d’interdiction du territoire français de 5 ans. C’est la « double peine ». Sur la base de cette condamnation, le ministère de l’Intérieur prononce un arrêté ministériel d’expulsion : de fait une         « troisième peine » à vie.
Ayant purgé ses 38 mois de détention, le jour de sa libération, le 13 janvier 1997, Bouda est embarqué, contre sa volonté, sur un avion pour la Tunisie, pays de ses parents. Démuni de toute réelle attache familiale, professionnelle ou sociale, après neuf mois d’errance dans un pays, qui lui était en réalité étranger, il décide de regagner la France en septembre 1997.
Bouda a depuis totalement tourné la page de la délinquance et s’est investi sur le plan professionnel en tant que danseur. Son talent et sa notoriété dans les milieux Hip Hop font de lui une figure emblématique. Il a reçu de nombreuses propositions de travail qui ont été présentées à l’appui de sa demande de régularisation. En vain…
Ses parents ont depuis acquis la nationalité française et résident durablement ici avec ses frères et sœurs.
Aujourd’hui âgé de 30 ans, Bouda fait partie de ces milliers de victimes de la « double peine» pour lesquels une campagne nationale est activement menée : « Une peine. / »
Un comité de soutien à Bouda s’est constitué. De nombreuses personnalités du monde artistique, du cinéma, de la danse, de nombreux maires et députés, des responsables associatifs, se sont associés à cette démarche en signant une pétition demandant aux ministres de l’Intérieur successifs d’abroger l’arrêté ministériel d’expulsion de Bouda.

Présentation de Bouda par le comité de soutien :

Conférence de presse pour l’abrogation de l’arrêté ministériel d’expulsion frappant Bouda danseur Hip Hop « Triple peine ».
Avec l’intervention de : Lamia M’Hemdi, présidente du Comité de soutien à Bouda ; Kool Shen « IV My People », rappeur ; Jean-Pierre Thorn, cinéaste ; Michel Tubiana, président de la LDH ; Patrick Braouezec, député de Seine-Saint Denis ; Marie Mathiaud, avocate ; Stéphane Maugendre, avocat (vice-président du GISTI) ; Sylvain Garel, conseiller de Paris.

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