Etrangers
Les onze organisations syndicales et associations signataires de la lettre au Premier ministre du 1er octobre 2009 considèrent comme un fait extrêmement positif « l’approche commune » à laquelle ont abouti les contacts entre les organisations syndicales et leurs interlocuteurs patronaux, concernant la régularisation des travailleurs-euses sans papiers.
L’existence même de cette « approche commune » pour des critères objectifs de régularisation témoigne d’une évolution très significative d’une partie du patronat. La longue grève des travailleurs-euses sans papiers engagée depuis le 12 octobre 2009, après les mouvements de 2008, en témoignant de la forte détermination de ces salariés, décidés à ne plus rester dans l’ombre, et en mettant en lumière des situations sociales inacceptables, a entraîné cette prise de conscience.
Devant la réalité économique et sociale que constitue l’emploi de travailleurs-euses sans papiers, souvent via la sous traitance ou l’intérim, quels intérêts défendent ceux qui restent figés dans des postures idéologiques, ne voulant parler que de « flux migratoires » alors qu’il s’agit de créer les conditions pour que le droit du travail soit appliqué à tous et par tous, et permettre l’égalité effective de traitement entre salariés ?
Licencier, voire expulser des salariés parce que « sans papiers » ne résout rien. Cela ne fait que déplacer le problème et dégrader encore un peu plus la situation de ces salariés et donc la qualité du marché du travail dans notre pays : nous ne voulons pas de salariés sans droits effectifs ! Nous ne voulons pas de salariés contraints au travail « au noir » ! Quant à menacer de fermer une entreprise qui emploie des salariés sans (et aussi avec) papiers, cela pourrait avoir comme effet pervers de faire se dresser les salariés les uns contre les autres, sans résoudre le moins du monde le problème économique posé : la présence importante et structurelle de nombreux salariés sans papiers dans les branches économique non délocalisables.
Force est de constater que beaucoup d’entreprises sous-traitantes emploient des travailleurs-euses sans papiers, en fixe ou en intérim, en raison des conditions de prix et de délais qui leur sont fixées par certains donneurs d’ordre.
L’« approche commune » a pour vocation de résoudre la situation des travailleurs-euses sans papiers déclarés, en opposant à l’arbitraire des préfets, contraire aux valeurs de la République, des critères objectifs, clairs, garantissant l’égalité de traitement entre les salariés concernés quel que soit leur lieu de travail.
Il est vrai qu’elle ne règle pas la situation des travailleurs-euses sans papiers non déclarés. Elle renvoie, sur ce point, à des discussions directes avec le ministre du Travail. Mais c’est « dans le souci de mettre fin à cette situation préjudiciable pour les salariés ». Si des salariés sans papiers se résolvent à travailler sans être déclarés, c’est parce qu’ils y sont contraints. Ils ne demandent qu’une chose : cotiser et sortir de leur situation de surexploitation. Notre pays et ses comptes sociaux ont tout à y gagner !
Nous sommes dans un conflit du travail. Il faut que les discussions s’engagent avec le ministère du Travail.
Paris, le 16 mars 2010
Articles sur le même thème
- Une avancée significative pour les travailleur-e-s sans papiers
- « Âsountakhou » à la Bastille des travailleur-e-s sans papiers en grève
- Deuxième nuit de grévistes sans papiers sur les marches de l’Opéra Bastille, Paris
- Grève des sans papiers : Maintenant, il faut que les négociations aboutissent !
- Un nouveau 1er mai de lutte pour les travailleurs et travailleuses sans papiers
- Rock sans papiers à Paris Bercy le 18 septembre
- La LDH soutient le film « Les mains en l’air » de Romain Goupil
- Grève des sans papiers : Maintenant, il faut que les négociations aboutissent !
- Guilherme Hauka-Azanga : l’acharnement au mépris des droits universels !
- Le « patron voyou » et le « sans-papiers éjectable »
- Une urgence pour Haïti, aider les Haïtiens de France
- On arrête bien les sans papiers et sur n’importe quel motif !
- Journée internationale des migrants : égalité et respect des droits des travailleurs migrants
- Meeting des travailleuses et travailleurs sans papiers
- Grève des sans-papiers : M. Besson punit les victimes de l’exploitation qu’il dénonce
- Le 7 octobre, les salariés sans papiers aussi agissent pour un travail décent pour tous
- Campagne RESF pour le respect par l’Etat des droits de l’enfant et de sa famille
- Monsieur Besson, rendez son père au petit Chama !




















