URGENCE : Après les violences contre les roms roumains d’Orly du 7 allée Louis Blériot.

Les familles roumaines roms installées sur nos communes depuis plusieurs années, avec leurs enfants scolarisés, demandeuses d’asile territorial (car vivant de discriminations en Roumanie) désirent vivre tranquillement et pour cela souhaitent que soient apportées des aides et des solutions à leur situation. C’est la raison de la demande d’un plan d’urgence réitérée depuis des années. A Orly, 14 familles autorisées à rester sur un terrain en attendant la solution d’hébergement promise par le préfet du Val de Marne (en septembre 2000), ont fini par investir un immeuble promis à la destruction, lasses d’attendre des suites à des promesses vaines. Depuis lors, l’OPAC, la municipalité d’Orly ont demandé leur expulsion, sans par ailleurs faire la moindre proposition humaine.

Les pouvoirs publics ont préféré laisser la situation en l’état (sans doute en pensant que les familles, sans espoir, repartiraient en Roumanie, en oubliant les raisons de leur départ de ce pays !). Même dans ces conditions, elles préfèrent rester en France! Cela donne à penser !

Alors que malgré tout les familles installées dans les squats s’apprêtaient à passer l’hiver à l’abri, alors que des solidarités se développaient et que le regard des habitants d’Orly et Choisy changeait peu à peu, jeudi 1er novembre à Orly, suite à des violences extrêmes… (incendie, menaces, jets de pierres…) de la part d’une bande organisée, (nous pouvons qualifier ces violences d’actes racistes, car elles visaient la population rom installée au 7 allée Louis Blériot) les 14 familles d’Orly ont du quitter l’immeuble et se sont réparties dans différents lieux (hébergement en surnombre dans les caravanes des bidonvilles ou en squat par les autres familles roumaines dans la région mais aussi plus loin).

Inquiétude et stupéfaction… Et puis colère ! On aurait pu déplorer des blessés ou pire même ; ce n’est pas anodin de mettre le feu dans une cage d’escalier ! La volonté de cette bande organisée était manifeste : « faire partir les Roumains, boucs émissaires du moment… »

Personne n’a été arrêté après ces actes ! Nous avons interpellé des élus, des responsables aux niveaux DASS, Préfecture,… mais en vain…

Nous accusons les pouvoirs publics, locaux mais surtout l’État, d’avoir laissé « pourrir cette situation » et de n’avoir pas su proposer des solutions humaines comme nous le réclamons depuis deux ans ! De ne pas avoir favorisé par un débat démocratique la communication avec ces familles et les citoyens d’Orly. Pire d’avoir jeté de l’huile sur le feu en faisant courir des rumeurs mensongères. Depuis des dizaines d’années, les roms sont montrés du doigt et pire !

A ce jour nous demandons aux autorités responsables :

  • De proposer des solutions d’hébergement : les 14 familles qui bénéficiaient d’une promesse d’hébergement (depuis septembre 2000) se retrouvent à la rue ! Comment ces familles pourront récupérer leurs affaires, meubles, vêtements, etc., abandonnés à la hâte ? 
  • Que vont faire les enfants lundi 6 novembre ? Comment iront-ils à l’école ?
  • Quel avenir pour ces familles ? La vie en logement leur avait permis un temps de sortir de leur grande précarité, même si l’électricité leur a été refusé.
  • Comment empêcher que des bandes s’en prennent aux plus faibles, aux plus démunis ? Nous demandons que soit garantie leur sécurité, sur les terrains, comme dans les immeubles…

Le 5 novembre 2001

Contacts : LDH, place du Fer à Cheval – 94310 ORLY

Comité soutenu par la LDH, le MRAP, Médecins du Monde, SUD Éducation, FSU, UL CFDT, GISTI, Droit au Logement, Mosaïque, L.C.R., Les Verts, C.S.F. Thiais, Association ROMEUROPE

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