Soutien aux exilé-e-s de Guyane

Communiqué commun dont la LDH est signataire

Nos organisations souhaitent manifester leur soutien aux personnes exilées visées ces dernières semaines par les discours du maire de la ville Cayenne ou encore du ministre des Outre-mer qui les stigmatisent et les rendent responsables des maux de la Guyane.

Dans un communiqué du 22 décembre, le maire de Cayenne les accuse d’occuper l’espace public et de confisquer la ville tout en remettant en question le bien-fondé de leur demande d’asile sans en avoir ni la compétence, ni le pouvoir.

Le ministre des Outre-mer a repris le 19 janvier 2022, cette antienne en accusant les personnes migrantes de déstabiliser la Guyane.

La présence de personnes migrantes en Guyane témoigne des tragédies qui se jouent à nos portes et nul ne peut faire renoncer une personne à l’espoir d’une vie sereine pour elle et sa famille, loin de la guerre, de l’oppression ou la misère. Nos associations comme les institutions ont le devoir d’aider ces personnes en danger.

A l’heure où le Conseil d’Etat a rappelé à l’Etat son obligation d’assurer des conditions d’accueil dans les outre-mer[1], ces discours font fi de la responsabilité de l’Etat et des collectivités locales dans l’accueil et la mise à l’abri des personnes étrangères, leur accompagnement social et la mise en application au quotidien de valeurs d’humanité et d’égalité.

Nous appelons les responsables politiques à abandonner les discours haineux à l’encontre d’enfants, de jeunes, de femmes et d’hommes dont le parcours de vie est marqué par l’exil, et qui sont mis-e-s en danger par les carences de l’Etat dans l’organisation de l’accueil.

Nous appelons au sursaut des consciences et à la mobilisation pour mettre la dignité humaine, l’accueil et la protection des personnes qui cherchent refuge en Guyane au cœur des politiques publiques, à l’instar du soutien quotidien et souvent discret apporté par des personnes solidaires.

Nos organisations continueront leur travail de soutien aux personnes exilées et à toute personne en détresse car c’est ainsi que se construisent la cohésion sociale et le « vivre ensemble » pour toute la Guyane.

Organisations signataires :

Collectif Migrants outre-mer : ADDE (avocats pour la défense des droits des étrangers) ; AIDES ; Anafé (association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers) ; CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement) ; La Cimade ; Collectif Haïti de France ; Comede (comité médical pour les exilés) ; Gisti (groupe d’information et de soutien des immigrés) ; Elena (les avocats pour le droit d’asile) ; Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tou·te·s les immigré·e·s) ; Ligue des droits de l’Homme ; Médecins du monde ; MRAP (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ; OIP (observatoire international des prisons) ; Secours Catholique / Caritas France / Sud éducation ; FSU Guyane ; ID Santé Guyane ; Paloma de Luz Guyane ; Sud Santé Sociaux Guyane ; RecupBouffe ; RESF Guyane ; VIVA.

Le 1er février 2021

[1] Dans une décision du 21 décembre 2021, le Conseil d’Etat a enjoint au ministère de l’intérieur de fixer la répartition des places d’hébergement dédié aux demandeurs d’asile en outre-mer. Aujourd’hui seules 210 places existent pour plus de 3199 demandes enregistrées en 2021.
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