Relaxe pour les 9 de la Conf’ !

Ce qui se joue aujourd’hui devant la cour d’appel c’est d’abord et avant tout le sort de neuf personnes, neuf syndicalistes, neuf militants de la Confédération paysanne. C’est d’abord et avant tout un enjeu de liberté syndicale, de liberté d’expression.

Il faut le rappeler avec force, avec passion car là où la liberté est muselée, là où l’on veut faire baisser la tête au syndicalisme, au mouvement social, tout devient plus difficile, plus pesant et l’ordre établi, l’ordre des puissants fait régner un ennui destructeur.

Les neuf qui sont là, les neuf qui attendent, les neuf qui nous représentent et dont nous exigeons la relaxe, ces neuf ont avec d’autres, refusé l’ordre établi des puissants et d’un monde ramené a l’état de marchandise.

Face à ceux qui entassent les vaches comme on serre les sardines, qui font du gaz comme ils défont des fermes, ils ont opposé un droit de légitime défense. De la leur, d’abord et bien sur. Mais aussi de la nôtre, comme citoyens consommateurs, de la nôtre comme citoyens tout court, de la nôtre comme citoyens d’une planète en péril. Bref, ils se sont conduits en ambassadeur de l’intérêt général, en partisans de la liberté d’action syndicale, en citoyens contestataires, bref, en hommes libres et responsables.

Ils l’ont fait fermement mais sans violence.

A cette aune, l’amende dont on les menace prend la dimension d’un coupe gorge et les poursuites pour refus de prélèvement ADN témoignent à la fois d’une volonté d’humiliation, d’un projet de fichage global, d’une politique de pressions et de répression.

La LDH s’élève contre ce qu’il faut bien qualifier de pénalisation du mouvement social qui ne constitue en rien une réponse acceptable vis-à-vis de la demande sociale de justice, d’égalité et d’avenir.

Car c’est aussi l’avenir qui se joue ici. A quelques mois d’une conférence internationale pour le climat dont la France la pénalisation de militants syndicaux mobilisés serait un mauvais message.

C’est pourquoi nous sommes ici, ensemble, pour demander la relaxe des neuf militants de la Confédération paysanne. C’est la justice, c’est la sagesse : relaxe, donc ! au nom de la justice des hommes, de l’avenir de toutes et tous, au nom des générations futures.

 

Discours de Pierre Tartakowsky, président d’honneur de la LDH, lors du rassemblement du 17 juin 2015, en soutien aux neuf militants de la Confédération paysanne qui ont comparu devant la cour d’appel d’Amiens suite aux actions menées sur le site de l’usine des 1 000 vaches, en Picardie.

 

Lire la tribune cosignée par Françoise Dumont, présidente de la LDH, publiée sur Mediapart le 17 juin 2015.

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