Pascal Praud affirme qu’il ne serait « pas facile » pour les policiers de s’interposer face à des agriculteurs « blancs »

Par une nouvelle tirade polémique, l’animateur phare de la chaîne télévisée CNews s’est illustré dans un racisme banalisé et décomplexé lors d’une séquence diffusée le 13 janvier 2026.

Dans le cadre du mouvement social des agriculteurs, alors qu’il commentait des images de tensions entre des forces de l’ordre et des agriculteurs qui manifestaient sur une autoroute, M. Praud a déclaré : « Manifestement les policiers font leur travail et les gens en face sont blancs. Et vous voyez… Non mais c’est important de le dire, parce que c’est pas facile pour les policiers, voilà ils sont obligés de s’interposer en plus avec des gens de qui ils partagent parfois même les convictions ou les…  [un chroniqueur : les origines] … les origines… oui et puis même les convictions, les valeurs. Et ils font leur job, les policiers. Et croyez-moi, c’est pas facile pour eux ».

Une telle présentation opère une racialisation explicite de la situation commentée. Elle introduit, sans la moindre nécessité informative, l’apparence ethnique des manifestants comme grille de lecture du comportement des acteurs exerçant en maintien de l’ordre.

Les propos tenus suggèrent que les citoyennes et citoyens ne seraient pas appréhendés de manière égale par les forces de police selon leur couleur de peau ou leur appartenance supposée à un groupe ethnique.

Plus encore, en affirmant qu’il ne serait « pas facile » pour des policiers de faire usage de la force lorsque les manifestantes et manifestants sont « blancs », l’animateur insinue a contrario qu’un traitement plus brutal envers les personnes racisées serait plus aisé, voire naturel.

Il ne fait aucun doute que de tels propos, tenus par l’animateur sans aucune contradiction en plateau, excèdent les limites admissibles du débat d’opinion et caractérisent des manquements sérieux aux obligations pesant sur l’éditeur du service, telles que la prohibition des discours de haine et discriminants, le respect de la dignité humaine, la préservation de la cohésion sociale, l’honnêteté de l’information ou encore la maîtrise de l’antenne.

Pour ces raisons, la LDH a saisi l’Arcom afin que des sanctions soit prises à l’encontre de la chaîne, qui doit être sommée de respecter ses obligations et prévenir la réitération de tels manquements.

Soutenez les combats de la LDH

Les droits et les libertés ça n’a pas de prix, mais les défendre a un coût.