Par un courrier du 3 octobre 2025, la préfète déléguée pour la défense et la sécurité Ouest, agissant pour le compte du secrétariat général pour l’administration du ministère de l’Intérieur (SGAMI Ouest), a saisi le préfet de la Loire-Atlantique d’une demande tendant à la qualification en projet d’intérêt général (PIG) du projet de construction d’un centre de rétention administrative (Cra) de 140 places, sur un terrain situé dans la Zac du Champ de Manoeuvre à Nantes. Le site est localisé à proximité immédiate de la maison d’arrêt de Nantes-Carquefou, sur des parcelles propriétés de l’État, classées en zone US (zone équipée réservée aux activités sportives et de loisirs) du Plu de Nantes Métropole.
Le site d’implantation se situe en tête de bassin versant. Les inventaires écologiques « 4 saisons » réalisés de septembre 2024 à août 2025 ont révélé que l’ensemble de la parcelle constituait une zone humide et que des espèces protégées étaient présentes. La parcelle est entièrement boisée. Le terrain d’assiette du projet présente des enjeux écologiques modérés à fort pour la faune.
La qualification de PIG est présentée par l’Etat comme la condition nécessaire pour déroger à l’interdiction de détruire des zones humides, prévue dans le schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) Estuaire de la Loire. Cette reconnaissance de l’intérêt général devrait aussi faciliter l’obtention de la dérogation « espèces protégées » requise pour réaliser le projet.
Par arrêté du 14 novembre 2025, le préfet de la Loire-Atlantique a fixé les modalités de mise à disposition du dossier auprès du public. Cette mise à disposition s’est tenue du 1er décembre 2025 au 5 janvier 2026.
Au cours de cette consultation, 1 022 contributions ont été déposées sur le registre dématérialisé, dont 961 défavorables au projet (soit 94 % des avis exprimés). Plusieurs associations ou institutions (La Cimade, FNE 44, le Secours Catholique, l’association ARALB, l’ordre des avocats de Nantes, etc.) ainsi que des élus locaux se sont opposés au projet compte tenu du principe de l’enfermement administratif des personnes étrangères, des conditions inhumaines et indignes de la rétention administrative ainsi que de l’atteinte à la sensibilité environnementale du site.
Par arrêté du 4 février 2026, le préfet de la Loire-Atlantique a qualifié le projet de Cra d’intérêt général.
La LDH a introduit le 2 avril 2026, avec neuf autres organisations dont la Cimade, un recours en annulation devant le tribunal administratif de Nantes.
