Le rêve révolutionnaire vire au cauchemar dans une Tunisie redevenue une vaste prison

Communiqué commun signé par Patrick Baudouin, président de la LDH, et Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la LDH

Neuf mois se sont écoulés depuis l’arrestation des personnalités politiques accusées par le président K. Saïed de « complot contre la sûreté de l’État ». Ce dernier n’a pas hésité à désigner tous ceux qui cherchent à prouver leur innocence comme étant des complices dudit complot.

Il s’agit, à l’évidence, de faire taire toutes les voix qui s’aventurent à dévoiler la vacuité des dossiers « instruits » contre les prisonniers et l’absence de la moindre preuve de visées attentatoires aux institutions de l’État ou de tentative de renversement du pouvoir.

De fait, il s’agit de réduire à néant la liberté de pratiquer l’action politique que la Révolution du 17 décembre/14 janvier a rendu possible et ce après des décennies de despotisme. Le régime aujourd’hui en place s’emploie à dénier ce droit aux citoyens et à réduire au silence toutes les voix qui refusent de se soumettre à son diktat : qu’elles émanent de franges de l’opposition,  des journalistes, des réseaux sociaux, des milieux d’affaires… Ce choix d’une répression tous azimuts est le corollaire de l’échec du discours qui a présidé au coup de force , le 25 juillet 2021, contre la Constitution , et l’échec aussi des promesses de lutte contre la corruption, de relance des investissements, d’amélioration de la situation économique et sociale. Au lieu de cela sévit une inflation jamais vue auparavant, des pénuries récurrentes, l’emballement de la spéculation, la contrebande… et, au quotidien, la répression.

Nous, ci-dessous signataires, Tunisien-nes, Maghrébin-nes et personnalités internationales,

Soucieux de défendre les valeurs de liberté et de démocratie,

Attachés aux acquis de la révolution tunisienne qui est venue couronner la longue lutte du peuple tunisien et de sa jeunesse contre l’injustice et le despotisme,

Et considérant que le principe de la présomption d’innocence jusqu’à preuve d’une culpabilité établie par une justice indépendante, une magistrature impartiale, doit bénéficier à toutes et à tous :

  • Réclamons la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion et leur droit à un procès équitable en présence d’observateurs locaux et internationaux condition indispensable pour garantir la transparence des dossiers devant l’opinion. Le retard, les reports et les comportements vengeurs des autorités tunisiennes n’ont que trop duré.
  • Condamnons fermement, les déclarations du juge d’instruction interdisant aux médias de se mêler de l’affaire des prisonniers politiques, preuve s’il en est de la vacuité et de l’inanité des accusations qui leur sont imputées.
  • Saluons le courage des avocats dont les efforts démontrent jour après jour la vacuité des affaires en cours éclairant l’opinion sur leur caractère purement politique, malgré les campagnes de harcèlement à leur encontre.

Nous en appelons aux forces éprises de justice et de liberté pour renforcer la solidarité envers les prisonniers politiques et d’opinion tunisiens et éclairer l’opinion publique internationale sur les souffrances qu’ils endurent ainsi que celle de leurs familles.

Pour joindre votre signature veuillez envoyer un email à crldht@proton.me

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