L’autre 8 mai 1945

Il est impossible de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai et les jours suivants.

Des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma, Kherrata et la région ont été réprimées dans le sang ; des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, les milices armées par les autorités locales, l’Armée Française, agissant sur ordre de l’exécutif. C’est après cette répression massive que l’on a déploré à Sétif et aux alentours une centaine de victimes Européennes.

Amputer notre histoire commune par l’occultation de ce crime d’Etat ne permet pas à la France d’en finir avec la page coloniale de son histoire. Si, le 19 mars, le président de la République a reconnu que le système colonial en Algérie était « injuste » et « niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes », il faut qu’il aille plus loin en disant la vérité sur les massacres du 8 mai 1945.Le geste symbolique fait à Sétif en 2015 par le secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la mémoire, J-M. Todeschini, demeure très en-deçà de cette demande.

En 2015, le conseil municipal de Paris a demandé à l’unanimité au chef de l’Etat de reconnaître ces massacres comme crimes d’Etat. Des vœux dans ce sens ont été adoptés par les villes de Rennes, de Nanterre et d’Ivry-sur-Seine.

Le 14 avril 2015, un Collectif Unitaire pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata) s’est constitué. Outre cette reconnaissance, il demande: l’ouverture de toutes les archives, l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l’Etat et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l’Education Nationale comme dans les médias publics.

RASSEMBLEMENT  UNITAIRE

8 mai 2016 à 16h00

Parvis de l’Hôtel de Ville de  Paris

​Organisations appelant à ce rassemblement  (au 1er Mai 2016)

Associations : 4 ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis contre la guerre ), ACCA (Association Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACDA (Agir pour le Changement et la Démocratie en Algérie), AFASPA (Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique), AMDH-Paris-IDF (Association Marocaine des Droits Humains Paris /Ile de France), APCV (Association pour la Promotion des Cultures et du Voyage) , Association culturelle Les OrangesAssociation Rennes-Sétif,   Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, ANPNPA (Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis),  Au nom de la Mémoire, ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France), CANVA (Coordination Action Non- Violente de l’ Arche), Cercle de Résistance (Collectif – Paris), CMF (Collectif des musulmans de France), Collectif ni Guerre ni Etat de Guerre, Comité Justice et Vérité pour Charonne, CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France), Droits devant!!, Europalestine, Emancipation, FARR (Franco-Algériens Républicains Rassemblés), FASTI (Fédération des Associations avec Tou-te-s les Immigré-e-s), FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), Les Amis de l’Algérie (Rennes), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), ​ Réfractaires non-violents à la guerre d’ Algérie de 1959 à 63, Sortir du Colonialisme, UJFP (Union Juive pour la Paix) …

Syndicats : CNT (Confédération Nationale du Travail, Union Syndicale Solidaires,

Partis Politiques : Alternative Libertaire, EELV (Europe Ecologie Les Verts), ​Ensemble, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PCF (Parti Communiste Français), PG (Parti de Gauche)

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