A la Réunion, que vive l’éducation populaire !

Par Dominique Rivière, LDH de la Réunion

La section est traditionnellement fortement engagée dans l’éducation populaire aux côtés d’autres associations locales, à travers de fréquentes interventions dans les établissements scolaires et dans les quartiers, ainsi que dans la formation auprès d’autres association ou pour les jeunes en service civique. Durant ces derniers mois, et notamment depuis janvier 2015, cet engagement s’est notamment traduit par un investissement accru dans ce domaine, avec deux actions complémentaires :

  • la diffusion du concours « Ecrits pour la fraternité » ;
  • la constitution d’un réseau « Réunion pour un avenir solidaire » se donnant pour priorité de concourir à amplifier l’action locale pour l’éducation civique et laïque à la Réunion.

De fait, à la suite des évènements de janvier, et sur la base de l’élan civique qui s’est manifesté à cet occasion, nous considérons localement que notre « savoir vivre ensemble » à la Réunion se trouve questionné et appelle une remobilisation de l’action associative sur le terrain de l’Education civique et laïque. Contrairement, en effet, à une présentation complaisante des médias, le vivre ensemble réunionnais ne repose pas seulement sur le dialogue « inter-religieux » instauré depuis quelques années par les représentants de différentes confessions dans notre Île. Il repose d’abord, dans la ligne de nos combats « émancipateurs » sur :

  • l’égalité des droits fondement de notre société politique ;
  • la liberté, et notamment la liberté d’expression, autre fondement républicain ;
  • la solidarité qui nous conduit à ne pas accepter une société à deux vitesses et à nous impliquer localement pour le droit au travail pour tous ;
  • la laïcité, non seulement la liberté de croire et de ne pas croire, mais l’indépendance, la séparation des religions de l’Etat et des services publics.

Nous avons donc repris fin janvier notre appel à participer au concours « Ecrits pour la fraternité », pour lequel nous avions obtenu une transmission du rectorat auprès de tous les établissements scolaires, avec la diffusion de nos tracts représentant Malala Yousoufzai et déclinant le thème qui apparaît aujourd’hui plus fortement d’actualité, sous une forme créole explicative: « Mi lé, Ou lé, Nou s’ra la Réunion et le monde… »

Par ailleurs, à l’initiative de notre partenaire les Cemea Réunion, nous avons engagé avec les représentants locaux des signataires au plan national de l’Appel « Pour un avenir solidaire », des discussions pour amplifier et si possible mutualiser nos actions en matière d’éducative.

Cela a donné lieu en février 2015 à la création d’un « Réseau réunionnais pour un avenir solidaire » sur la base d’une plateforme locale. Le tout a été officialisé ce 7 mars 2015 lors d’une rencontre avec la presse locale. Une quinzaine d’associations locales ont ainsi signé ce 07 mars 2015, dans les locaux des Cemea à Saint-Denis, la plateforme affirmant leur disponibilité pour concourir à amplifier a la Reunion l’action en faveur de l’éducation civique et laïque.

A cet effet, elles se proposent notamment :

  • de faire l’inventaire de leur ressources et moyens dans ce domaine et, autant qu’il est possible dans le respect de l’autonomie de chaque association et organisation, de les mutualiser ;
  • d’appeler d’autres associations à se joindre à ce réseau ;
  • de coordonner leurs actions respectives sur cet axe prioritaire ; communiquer sur celles-ci dans leurs, réseaux respectifs et les identifier sous le logo « Pour un avenir solidaire »
  • d’élaborer des actions communes ;
  • d’approfondir leurs échanges sur l’action éducative à la Réunion et sur les moyens matériels alloués à l’action associative pour l’éducation civique et laïque ;
  • et d’agir de manière concertée sur ces sujets auprès des institutions de l’État et des collectivités locales.

Parmi les pistes d’actions envisagées :

  • multiplier le nombre et la qualité des interventions des associations dans les établissements scolaires et dans les quartiers ;
  • Favoriser les partenariats avec l’ensemble des acteurs et notamment les parents, les enseignants et les collectivités locales ;
  • Proposer aux Communes l’institution de journées d’animation pour l’éducation civique et laïque avec le concours des établissements scolaires, des parents et des associations ;
  • Mutualiser la formation des intervenants, et la recherche/création en matière de méthodes et d’outils pédagogiques adaptés au contexte local.

Le réseau est ouvert à toute association qui voudrait s’y joindre. Au nombre des premières associations et organisations signataires au niveau local, on note aux côtés des Cemea : La Ligue de l’enseignement, le Syndicat national des journalistes, la Ligue des droits de l’Homme, l’Alefpa, les Petits Débrouillards, l’Ufal, le Syndicat Solidaires, les Amis du Monde diplomatique, la Lanterne magique, CDAFAL, OCCE 974, FCPE 974, d’autres signatures étant attendues…

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