La LDH soutient le film « Le procès contre Mandela et les autres » de Nicolas Champeaux et Gilles Portes

Sortie le 17 octobre 2018

Alors qu’il était envoyé spécial permanent de RFI à Johannesburg, Nicolas Champeaux, coréalisateur avec Gilles Portes de ce remarquable documentaire, avait rencontré quelques-uns des coaccusés de Nelson Mandela, survivants du procès de Rivonia (1963-1964) (le grand procès de l’Apartheid), qui avaient été condamnés comme lui à la perpétuité. Leur force de caractère l’avait impressionné. Alors qu’il apprend que les 256 heures d’archives sonores du procès ont été  numérisées, l’idée de ce film émerge dans son esprit. Outre une mise en scène de moments déterminants du procès, il donne la parole à ces « survivants » : Ahmed Kathrada, Andrew Mlangeni, Denis Goldberg. Ceux qui, dans l’ombre de Mandela, ont fait de lui ce qu’il est devenu, ainsi qu’à deux de leurs avocats toujours en vie, George Bizos et Joël Joffe. Au fil de leurs recherches historiques, les deux coréalisateurs font également la connaissance de Winnie Mandela, ainsi que de Barbara Hogan, ex-compagne d’Ahmed Kathrada et députée sud-africaine.

A tous, ils font écouter des extraits des archives sonores (il n’en existe pas de filmées), les laissant ainsi commenter ces enregistrements qu’ils n’avaient encore jamais entendus, et évoquer leurs souvenirs.

Pour illustrer ces écoutes ,  les réalisateurs ont eu recours à de superbes images d’animation en noir et blanc.

En dehors de quelques documents et images d’archives sur le climat politique et social de l’Afrique du Sud à cette époque, le film est construit autour de cette audition des moments cruciaux du procès. Il s’appuie également sur des entretiens avec ces cinq hommes, entretiens empreints d’une émotion contenue, sur les raisons qui les ont amenés à faire ce qu’ils ont fait. Eux qui étaient noirs, blancs ou indiens, ont lutté contre le régime de l’Apartheid, directement ou en défendant juridiquement d’autres dissidents. Ainsi, Ahmed Kathrada évoque son parcours personnel hors du commun : l’école pour indiens à Johannesburg, les actions de résistance passive qui lui vaudront de la prison, puis la découverte de l’Europe sans ségrégation et un voyage à Auschwitz qui le confortera, à son retour en Afrique du Sud, dans la nécessité d’éradiquer le racisme où qu’il se trouve. Parmi les quelques témoignages des proches de ces militants, celui de Barbara Hogan, qui raconte la difficulté d’avoir un projet de vie commune sous l’Apartheid lorsque l’on n’a pas la même couleur de peau.

Ils choisissent Mandela pour les représenter, car c’est un orateur brillant. Ce dernier va faire un discours devant le Tribunal, où il assume et explique leurs choix et méthodes d’action : le sabotage, puisque tous les moyens légaux de résistance ont été épuisés ou interdits par la loi. C’est au cours de ce plaidoyer qu’il prononce les paroles résumant magnifiquement les objectifs et l’action de ses compagnons de l’ANC, et, disons-le, de tous ceux qui ont lutté et luttent contre le racisme dans le monde : « J’ai chéri l’idéal d’une société noire libre et démocratique, dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales, c’est un idéal auquel je souhaite consacrer ma vie et voir se réaliser de mon vivant, mais si c’est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ». Ces paroles, il les prononcera de nouveau à sa libération, 27 ans et 7 mois plus tard.

 

Thématiques du film : discriminations, racisme, antisémitisme, droits des peuples, mémoires, histoire, archives, prison, privation de liberté.

 

Le procès contre Mandela et les autres

Réalisation : Nicolas Champeaux et Gilles Porte.

Durée : 1h 43

Producteurs délégués : UFO Production, Rouge International

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