La LDH soutient “Droit dans les yeux”, un documentaire de Marie-Francine Le Jalu

En salle le 1er février 2023

Droit dans les yeux sera en exclusivité parisienne au cinéma Saint-André des arts à partir du 1er février avec 14 rencontres exceptionnelles autour du droit, de la justice, du cinéma, de la banlieue, de la psychologie…

Des jeunes gens, filles et garçons, le plus souvent en binôme, écoutent avec une grande attention des justiciables leur exposer leur problème. Ils leur posent des questions, examinent tous les aspects de l’affaire, prennent des notes, rassurent leurs demandeurs, le tout avec une extrême bienveillance. Dans quinze jours, ils leur remettront leurs conclusions, conseils. Restés seuls, ils commentent, s’interrogent, tant sur l’affaire qu’ils décortiquent que sur la personne, entament leurs recherches…

Nous sommes à la clinique juridique, à l’université Paris 8 Saint-Denis. Des étudiantes et étudiants en droit y renseignent bénévolement des personnes qui ont un problème avec la justice. Des avocats et professeurs les accompagnent. Le but de cette clinique est double, assure Maître Benjamin Pitcho, son fondateur : « pédagogique et sociale ». Il précise : on demande aux étudiantes et étudiants « d’être des citoyens à part entière, des personnes qui prennent leur part d’engagement dans la vie de la cité… » En faisant valoir les droits fondamentaux des personnes qu’ils conseillent, ils permettent « à la démocratie d’exister ». On ne peut rêver plus beau programme citoyen, en accord complet avec les valeurs de la LDH (Ligue des droits de l’Homme).

Et nous voilà au cœur d’un îlot où sont sans cesse évoquées, invoquées, travaillées, défendues les valeurs fondamentales de la République, que les étudiants embrassent totalement, avec chaleur et conviction.

Nous suivons certains d’entre eux dans leurs entretiens avec les justiciables, leurs recherches, discussions, conclusions. Les affaires qu’ils ont à traiter sont très variées, à l’image de la société… Nous les écoutons aussi dans des semi confidences, interrogations plus personnelles sur leur mission, le droit, la justice, leurs envies leur avenir, la société, leur banlieue… Le tout avec beaucoup d’intelligence, d’honnêteté, d’ouverture, de sincérité, de fraîcheur aussi, ils sont si jeunes, mais lumineux, comme leur visage souvent filmé en gros plan. A la clinique, ils veulent redonner confiance en eux à celles-ceux qui viennent les voir, les aider à être conscients de leurs droits, à s’armer un peu… La façon dont ils regardent leur justiciable est éloquente.

« Garder de la distance » « Rester impassible » « Ne pas se laisser perturber par ses émotions » leur conseillent d’autres avocats. Laisser ou non parler les émotions fait débat. Pas facile quand les situations rencontrées font écho à ce qu’on a vécu ou côtoyé. Une étudiante passe d’ailleurs de l’autre côté du bureau et devient demandeuse… Mais, assure un autre maître du barreau, venir de la banlieue leur donnera l’avantage de connaître vraiment le milieu d’où viennent leurs clients, contrairement aux avocats d’une autre classe.

Ce long cheminement au sein de la clinique est enrichi par des bribes de vie et des images de la faculté, de ses environs : la gare, les rues, les immeubles, les passants, la vie, quoi… Le tout en grande douceur.

La réalisatrice a eu envie de faire ce film pour battre en brèche le discours sur les banlieues, « qui présente les jeunes qui y habitent comme une menace sociale ». « Il me semblait urgent de remettre un peu plus de complexité au cœur de ces représentations du réel ». Cette clinique est une belle réponse aux propos détracteurs, et ses étudiants un grand espoir. « Quelles que soient leurs origines et leur parcours, ces jeunes s’emparent du droit et des valeurs de la République ». Avec enthousiasme et brio.

Un beau film sensible, d’une grande humanité, pour une belle leçon de citoyenneté.

Mots clefs : droit, justice, banlieue

Réalisation : Marie-Francine Le Jalu
Durée : 1h16
Distribution : Des Films Nuit et Jour

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