Idée fausse n°2 : « Si la liberté d’expression était réelle, on devrait pouvoir tout dire, y compris tenir des propos racistes »

La liberté a son prix, qui est la responsabilité, et c’est la loi qui en formule les termes : elle interdit tout propos servant le négationnisme ou l’incitation à la haine raciale, nationale ou religieuse.

L’extrême droite le sait bien et s’en moque. Sa thèse selon laquelle toutes les opinions se valent traverse l’histoire des mouvements nationalistes européens et prospère grâce à un large cadre juridique qui fait de la liberté d’expression l’une des libertés fondamentales protégées par les constitutions démocratiques. Dans sa rédaction, la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 ne spécifie ni les conditions particulières ni les restrictions nécessaires à cette dernière.

Pourtant, un certain nombre de textes de lois et de jurisprudences la restreignent en vertu de la protection des individus. En France, c’est la loi Gayssot qui joue ce rôle de garde-fou (1). Promulguée le 13 juillet 1990, elle vise à « réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe » et complète la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, en rappelant que « toute discrimination fondée sur l’appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion est interdite (2) ».

Un point crucial pour pouvoir réfuter cette soi-disant limitation de la liberté d’expression : si cette dernière est bien entendu la condition d’existence du débat démocratique, elle devient haineuse et illégale dès lors qu’elle attaque une personne sur ce qu’elle est et non sur ce qu’elle pense.

 

(1)    Cette loi a été défendue par les député et sénateur communistes Jean-Claude Gayssot et Charles Lederman. Elle visait à compléter l’arsenal juridique en pénalisant le négationnisme.

(2)    Des propos ou des actes punis par une peine d’un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, ou par l’une de ces deux peines.

 


 

Texte extrait du livre En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite, de Pierre-Yves Bulteau (disponible ici : HTTP://BIT.LY/1NQFBMP)

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