Guerre sur internet et les tensions avec les États-Unis. Le bulletin Chine de janvier est paru !

Le bulletin n°43, janvier 2010, du groupe de travail « Chine » de la LDH est paru.

Comme l’ensemble de ses prédécesseurs, il est disponible en ligne sur le présent site à la rubrique « Groupes de travail ».
C’est un outil unique d’information et de réflexion. Bonne lecture !
Vous lirez ici directement l’article éditorial de ce bulletin. L’affrontement a commencé le 12 janvier lorsque Google a décidé de ne plus
censurer la version chinoise de son moteur de recherche et affirmé qu’il s’interrogeait
sur la continuation de sa présence en Chine en raison des attaques dont il avait été
l’objet en décembre. Le 19 janvier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères
affirmait : « L’internet chinois est ouvert et il est géré dans le respect de la loi. La loi
interdit toute attaque cybernétique sous quelque forme que ce soit ».Le 22 janvier, le
ministère demande aux États-unis de cesser ses accusations déraisonnables au nom
de la prétendue liberté de l’Internet. D’ailleurs « la constitution chinoise protège la
liberté de parole ». La veille, Hillary Clinton avait demandé à tous les gouvernements
autoritaires de lever les restrictions qu’ils imposent dans l’usage de l’Internet par
les citoyens. De tels propos portent atteinte aux bonnes relations des deux pays,
affirme le ministère. Il existe bien un contrôle, mais tous les pays font de même. La
Chine doit tenir compte de sa situation propre et de ses traditions culturelles. Outre
la pornographie et l’appel au terrorisme et à la violence, elle doit interdire toute
« incitation à la subversion du pouvoir d’État » (24 janvier, déclaration du porte-parole
du bureau de l’information du gouvernement).

Le départ de Google, quatre ans après son entrée en Chine, est-il sans importance ?
Certaine-ment pas. Les gens qui le consultent sont certes moins nombreux que
les utilisateurs du concurrent Baidu mais ils n’ont pas le même niveau d’éducation :
une étude de 2009 montre qu’ils étaient quatre fois plus nombreux à disposer d’un
diplôme d’enseignement supérieur ; leur revenu aussi est plus élevé. La cessation des
activités mettrait au chômage sept cents employés ; surtout, elle isolerait la Chine du
reste du monde.

Google est la première entreprise qui ose dire non au pouvoir chinois. Elle a accepté
pendant quatre ans de transiger avec les exigences de la censure administrative au
nom de la diffusion de l’information. Son site Youtube est bloqué depuis début 2009
au prétexte de la lutte contre la pornographie. Mais les attaques de décembre qui
visaient les militants des droits civiques l’ont poussée à réagir : elle risquait sinon de
perdre sa réputation et peut-être ses clients ; elle s’est donc placée sur le plan des
principes, et a mis en jeu ses gains commerciaux immédiats. La Chine a réaffirmé
sa volonté de censure et son droit de qualifier la revendication démocratique de «
tentative de subversion du pouvoir d’État ».

Le conflit peut s’étendre de Google vers Yahoo, qui avait accepté de dénoncer le
militant Shi Tao, emprisonné pour dix ans. En s’enfermant sur soi, la Chine risque de
se couper du reste du monde. La population chinoise devrait alors se contenter d’un
réseau internet « à caractéristiques chinoises », comme elle doit déjà accepter une
démocratie et des droits de l’homme « à caractéristiques chinoises ».

Autre raison de tension entre États-Unis et Chine : le renforcement du potentiel
militaire aérien et maritime face à Taïwan, parallèlement au développement des
échanges commerciaux, aériens et touristiques. Les États-Unis vendent des fusées de
défense aérienne Patriote à Taïwan cependant que Beijing réaffirme son opposition à
toute livraison d’armes au régime insulaire par « quelque pays que ce soit ». Les essais
réussis d’interception antimissile du 11 janvier, qui devraient précéder d’autres tests,
sont ouvertement présentés comme une réponse au commerce militaire américain.
Bref, il y a partout des tensions.

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Si certains liens vers des documents apparaissent brisés dans cet
article, veuillez cliquer ci-dessous pour les télécharger :
2010_01_Bulletin_groupe_Chine.pdf

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