Projection-débat : Média crash, qui a tué le débat public ?

Libertés et démocratie

LDH : Toulouse

Date
12/04/2022 - 20h00

Lieu
Cinéma Utopia Borderouge
59 avenue Maurice Bourges-Maunoury, 31200 Toulouse

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Projection-débat : Média crash, qui a tué le débat public ?

Mardi 12 avril à 20h, rencontre avec Fabrice Arfi (sous réserve), journaliste à Mediapart, membre du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

Préventes en ligne https://utopiaborderouge.festik.net

 

Média crash, qui a tué le débat public ?

Un film de Luc Hermann et Valentine Oberti – documentaire France 2022 1h25mn – avec Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Cyril Hanouna, Eric Zemmour, Yann Barthès, François Ruffin… et quelques journalistes opiniâtres…

Pression sur les journalistes, intimidation, mainmise des grands patrons sur des journaux, des télévisions, des radios… Media Crash est une salutaire piqûre de rappel de l’hyper-concentration des médias en France. Pour rappel : neuf milliardaires détiennent plus de 90 % des médias privés en France. En trois actes implacables, Valentine Oberti et Luc Hermann documentent comment ces patrons « défendent leurs intérêts privés », avant toute autre considération.

À tout seigneur tout honneur, l’acte 1 explore l’arrière-cuisine de l’industriel traditionaliste breton Vincent Bolloré. Des rachats des couveuses médiatiques que sont devenues CNews puis d’Europe 1 pour son poulain Eric Zemmour, ses prises de pouvoir tumultueuses, son utilisation du surpuissant groupe Havas pour peser sur le contenu rédactionnel des gazettes. Le journal Le Monde a ainsi été « puni » de près de 12 millions d’euros (de non-recettes publicitaires) pour avoir enquêté sur le monopole de Bolloré sur le port d’Abidjan… Suivent les aventures tout aussi passionnantes de Bernard Arnault (et son combat contre Fakir et François Ruffin), et un dernier volet sobrement intitulé « les complices » qui soulève la question de l’auto-censure de complaisance, y compris chez certains trublions auto-proclamés du PAF pris à leurs propre pièges de connivences.

Musique, commentaire, montage : la forme est celle des reportages de magazines façon Cash Investigation. Les auteurs-journalistes ne font pas semblant de jouer aux cinéastes et revendiquent au contraire de déployer en long-métrage leur savoir-faire de télé-journalistes. C’est un peu la limite de ce documentaire d’enquête, qui aurait sans doute mérité un traitement moins formaté. Mais pour qui n’est pas au fait de ces choses – ou aurait besoin d’un rappel à son vaccin, il n’en est pas moins salutaire.

(avec l’aide involontaire de Victor Vasseur, France Inter)