Projection Débat : Hacking Justice – Le combat du siècle pour la liberté d’informer

Libertés et démocratie

LDH : Lavelanet

Date
20/01/2022 - 20h30

Lieu
Cinéma le Casino
2 Rue René Cassin, 09300 Lavelanet

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Projection Débat : Hacking Justice - Le combat du siècle pour la liberté d'informer

Clara López Rubio et Juan Pancorbo ont suivi Julian Assange, fondateur du site d’information Wikileaks, à partir de 2012, alors que, réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres, il redoutait l’incursion dans ces locaux de la police britannique bien que le président équatorien, Rafael Corea, lui ait accordé l’asile. Asile obtenu par l’ex-juge d’instruction espagnol Baltasar Garzón (bien connu pour avoir fait interpeller l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres) devenu avocat dont on suit les nombreuses démarches ainsi que celles de son équipe de défense.

Lorsqu’en 2010, Julian Assange a publié sur son site Wikileaks, grâce aux fuites organisées par Chelsea (ex Bradley) Manning qui travaillait alors comme analyste pour l’armée américaine, des informations classifiées sur les activités de cette armée lors de la guerre en Irak et en Afghanistan le monde entier a eu la révélation des crimes de guerres commis par les États-Unis. Ces publications reprises par la plupart des journaux vont transformer Julian Assange en cible des agences gouvernementales américaines. Sa situation deviendra d’autant plus difficile qu’il sera par ailleurs poursuivi par la justice suédoise pour des abus sexuels. Le documentaire détaille les errements de la Justice suédoise qui mettra dix ans à classer l’affaire (en novembre 2019) et à abandonner toutes charges contre lui, dix durant lesquels Julian Assange refusera d’être auditionné en Suède craignant que ce pays n’accède à la demande d’extradition des Etats-Unis. C’est ainsi que Baltasar Garzón et l’équipe de défense, craignant aussi que le Royaume-Uni n’accède à cette demande d’extradition décidera de solliciter le droit d’asile à l’Équateur.

Le documentaire suit la vie de Julian Assange dans sa « prison de fait » dont il ne peut sortir : pas de lumière extérieure, confort limité mais tout de même de nombreuses visites de soutiens courageux, (une surveillance constante de ses faits et gestes sera révélée par la suite). Lors d’une interview il fait part de ses réflexions sur la justice, la politique, le journalisme, le droit d’informer…

Malheureusement, Lenin Moreno le successeur de Rafael Correia, cédera aux pressions américaines et retirera à Julian Assange l’asile accordé par son prédécesseur. La police britannique se saisira de cette opportunité pour l’arrêter à l’intérieur de l’ambassade le 11 avril 2019, malgré les efforts de son équipe de défenseurs auprès de toutes les instances possibles (et notamment du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU), et malgré les déclarations du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture. Il est depuis maintenu dans une prison de haute sécurité au prix de sa santé physique et mentale, alors même qu’un tribunal britannique a refusé en janvier 2020 de l’extrader vers les États-Unis où il risque cent-soixante-quinze ans de prison, en raison des risques d’un procès inéquitable et d’un danger pour sa santé.

C’est à ce stade que s’arrête le documentaire. On sait que les États-Unis ont fait appel de ce jugement, le nouveau verdict sera connu en 2022. Son maintien en prison reste inexplicable et terriblement injuste puisqu’il s’avère tout aussi dangereux pour sa santé.