Avocat : Maître Arié Alimi
Le 29 septembre 2020, sur CNEWS, la présentatrice Christine Kelly traitait du sujet des mineurs isolés, dans un edito intitulé : « Mineurs isolés : une naïveté française ? ». Sur le plateau, Eric Zemmour a tenu différents propos concernant ceux-ci, en affirmant notamment : « Ils sont des voleurs, ils sont des assassins, ils sont des violeurs. C’est tout ce qu’ils sont. Il faut les renvoyer. Attendez, il faut même pas qu’ils viennent ! ». Et d’ajouter : « il faut bien comprendre que ces gens-là nous coûtent de l’argent et, en plus, sont pour la plupart des délinquants, des voleurs, etc. venus du Maroc et du Pakistan et de la Tchétchénie, je crois ».
La LDH a déposé plainte le 1er octobre 2020 pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale. L’affaire, suite à un renvoi le 8 septembre 2022, a été jugée lors d’une audience du 17 novembre 2022 devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. La LDH s’est constituée partie civile.
Suite à cette audience, Eric Zemmour fut condamné à cent jours-amende de 100 euros, soit 10 000 euros d’amende pour complicité d’injure raciale et de provocation à la haine et le directeur de publication de CNews au moment des faits, Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin, fut condamné en tant qu’auteur principal à 3 000 euros d’amende. Cette décision a été confirmée en appel le 12 septembre 2024.
M. Thiery de Bergecol du Moulin et Eric Zemmour se sont pourvus en cassation, arguant, entre autres, de ce que les mineurs non accompagnés ne formeraient pas un groupe de personnes visées à raison de leur appartenance à une origine ethnique, raciale ou nationale.
La LDH a maintenu sa mobilisation dans ce contentieux, devant la Cour de cassation, lors de l’audience qui s’est tenue le 4 novembre 2025. Par arrêt du 2 décembre 2025, E. Zemmour et M. Thiery de Bergecol du Moulin ont été définitivement condamnés, les juges de la Haute Cour relevant que c’est « à juste titre » que la cour d’appel de Paris les avait condamnés, en septembre 2024, après avoir retenu « que les propos poursuivis excèdent les limites admissibles à la liberté d’expression en raison de leur violence et de leur généralité », et contestant toute « légitimité, serait-ce même au regard des débats actuels sur la politique migratoire de la France ».
