Deux ans après la catastrophe de l’Erika, où en sommes-nous ?

Dans la recherche des causes et des responsabilités, la Justice est en cours. Certes, le principal responsable du désastre de l’Erika a été mis en examen en tant que personne morale pour « complicité de mise en danger de la vie d’autrui » et « pollution maritime ». Il reste pourtant à la Justice à condamner les pratiques et les prises de décisions de TOTAL. Mais il ne faudrait pas oublier que derrière les responsabilités évidentes de ce groupe, c’est bien le système du transport maritime qui est à remettre en cause, car il est à l’origine de la catastrophe en ne permettant pas d’assurer la sécurité.

Pourtant, en dépit des déclarations et des bonnes intentions de nos responsables politiques en ce qui concerne la législation et les moyens d’application, les conditions actuelles du transport maritime européen ou mondial sont aujourd’hui presque les mêmes. Ce sont celles de la logique libérale du « toujours plus de profits » qui conduisent les entreprises, vu l’insuffisance des lois et de leur application, à abuser davantage des paradis fiscaux et des pavillons de complaisance, des contrôles techniques complaisants, de navires mal entretenus et des marins toujours plus exploités. De plus, l’indulgence voire la complaisance des administrations et des gouvernements freine le renforcement de la législation pour plus de sécurité maritime.

Les marins, les populations côtières et l’environnement sont encore délaissés au profit des marchandises transportées et des acteurs du transport maritime. Et il en est de même pour les réparations dues : les victimes (populations, entreprises et collectivités) attendent toujours leurs indemnisations de façon urgente. Les insuffisances et les lenteurs de celles-ci, le peu de clarté des critères d’éligibilité remettent en cause le FIPOL et le laxisme complice de l’État.

Alors, la Coordination des Collectifs marée noire du littoral atlantique espère qu’à la veille de ce deuxième anniversaire, les premières mesures venant en 3e lecture au Parlement européen seront enfin votées. Mais à quand leur application ?…

Elle rappelle aussi aux dirigeants politiques français et européens la nécessité d’instaurer un préjudice écologique, de lutter contre les pavillons de complaisance, les sociétés écrans et les paradis fiscaux, d’améliorer les conditions sociales indignes faites aux marins et de supprimer l’irresponsabilité pénale et financière des donneurs d’ordre organisée par la loi.

C’est pourquoi la Coordination des Collectifs marée noire du littoral atlantique vous invite tous à participer à une action spectaculaire mardi 11 décembre 2001 à 16 heures, place du Commerce à Nantes.

Et comme les 40 000 citoyens ou citoyennes et les organisations rassemblées au sein des différents collectifs lors de la manifestation du 5 février 2000, nous redirons : « Marées noires : assez de complaisances ! ».

Nantes, le 10 décembre 2001

Contact presse :

Romuald GUILBERT – 06 72 51 26 22

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