Couvre-feu à Béziers : un maire d’extrême droite en embuscade

Communiqué LDH

C’était une riche idée ! Du genre de celles qui permettent de combler les caisses d’une ville. Celles de Béziers étant vides, son tout nouveau et quasiment FN de maire a décidé de récupérer l’argent où il le pouvait : dans la poche des gamins de moins de 14 ans.

L’édile a donc pris un arrêté instaurant un couvre-feu pour les mineurs, assorti d’une amende pour les récalcitrants. Dans un Etat autoritaire, cela n’aurait posé aucun problème. Hélas, pour M. Robert Ménard, notre Etat est de droit, et la Ligue des droits de l’Homme a saisi le tribunal administratif aux fins de suspendre et annuler cette décision peu compatible avec le respect des libertés publiques.

M. Robert Ménard, prenant conscience de l’illégalité de sa démarche, a, de lui-même, retiré cet arrêté, quelques heures avant l’audience.

La Ligue des droits de l’Homme prend acte de cet éclair de lucidité ; elle aurait même pu s’en féliciter, s’il n’avait précédé un comportement récidiviste : l’élu d’extrême droite s’est en effet empressé de signer un nouvel arrêté de même nature, amputé de l’amende à l’encontre des enfants mais annonçant désormais des sanctions pénales à l’égard des parents.

Force est de constater que la lucidité de M. Ménard n’aura été que passagère.

Dans ces conditions, la Ligue des droits de l’Homme engage une nouvelle procédure au même titre que celles d’ores et déjà en cours, à l’encontre d’autres arrêtés de la municipalité de Béziers tout aussi iniques.

Paris, le 11 juillet 2014

 

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