Communiqué de la Coordination Justice – Droits de l’Homme.

La Coordination Justice – Droits de l’Homme, créée le 22 juin 2001, regroupe les associations et fédérations d’associations oeuvrant dans le domaine de la justice et des droits de l’homme. Elles se sont réunies aux fins d’échanger, de confronter leurs analyses et leurs pratiques dans leurs champs d’intervention respectifs. Elles expriment, si besoin, des prises de position communes. La coordination assure leur présence et leur intervention dans ces domaines, au sein de la Coordination Permanente des Coordinations Associatives (CPCA). La présidence de la Coordination Justice – Droits de l’Homme est assurée par la Ligue des droits de l’Homme et la vice-présidence par Citoyens et Justice.

ARTICULER FORTEMENT LES POLITIQUES DE SECURITE ET LES POLITIQUES SOCIALES

Présenté au conseil des ministres le 23 octobre 2002 par le ministre de l’Intérieur, le projet de loi sur la sécurité intérieure sera examiné prochainement par le Parlement.

Les associations signataires, acteurs incontestés de terrain, mènent leurs actions au carrefour du social et du judiciaire et sont donc directement concernées par ce projet de loi. Confrontées directement aux phénomènes de délinquance, elles affirment que seule une politique globale articulant l’accompagnement social, l’éducation et la sanction permettra d’apporter une réponse en termes d’efficacité aux problématiques d’insécurité et ce, dans une logique de paix sociale.

Cet accompagnement individualisé doit être socialement utile et répondre à une exigence de responsabilisation de l’auteur et à la prévention du renouvellement de l’infraction. Il doit également prendre en compte la légitime demande de réparation de la victime.

Les associations signataires réaffirment :

·         que l’éducatif doit rester prioritaire,

·         que les objectifs poursuivis doivent s’inscrire dans la prévention de la récidive, dans le renforcement du lien social, dans la lutte contre les exclusions, les discriminations et dans le développement de la citoyenneté,

·         que la lutte contre l’insécurité doit éviter toute situation de rupture sociale et générationnelle,

·         que seule une politique tenant compte de l’ensemble des paramètres sociaux (familiaux, professionnels, etc.) et alliant prévention et sanction, contrôle et accompagnement, contribuera à apporter des réponses aux préoccupations exprimées par les citoyens. 

Elles sont convaincues que les réponses à l’insécurité sont le résultat d’un ensemble de politiques publiques, coordonnées par l’Etat ou les collectivités locales, avec l’ensemble des acteurs concernés, notamment les associations œuvrant dans ce secteur. En conséquence, elles estiment qu’il est nécessaire d’impulser une meilleure cohérence dans les actions et de lutter ensemble contre une exclusion accentuée de personnes déjà extrêmement défavorisées et démunies, et pas de les pénaliser.

Alors que les crédits nécessaires à leurs missions diminuent dangereusement, elles attirent l’attention du gouvernement et des parlementaires sur la nécessité d’articuler fortement les politiques de sécurité et les politiques sociales.

Signataires : Association nationale des visiteurs de prisons (ANVP), Citoyens et Justice, Fédération des associations réflexion action prison et justice (FARAPEJ), Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS) , Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées (GENEPI), Groupement national des directeurs d’associations (GNDA), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Union nationale des associations de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (UNASEA).                 

Paris, le 12 novembre 2002

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