Comité pour la libération de Ali Lmrabet

Scandalisés et alarmés par la condamnation à 4 ans de prison ferme de M. Ali Lmrabet, directeur de deux publications, Demain Magazine et Doumane, l’Association des Marocains en France (AMF), l’Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), l’Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF), le Forum marocain pour la vérité et la justice (FMVJ-France), Hourrya liberté, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), Reporters sans frontières (RSF) ont constitué, en France, un « comité pour la libération d’Ali Lmrabet ».

Le 21 mai 2003, le tribunal de première instance de Rabat a condamné, pour « outrage au roi », Ali Lmrabet, à quatre ans de prison ferme et 20 000 dirhams (environ 2000 euros) d’amende. Les hebdomadaires Demain Magazine et Doumane ont également été interdits.

Le journaliste, en grève de la faim depuis le 6 mai, a été immédiatement incarcéré.

Cette décision, qui est politique, constitue une menace claire pour toute la presse indépendante.

Le comité dénonce ces atteintes au droit d’expression inscrit, notamment, dans l’article 19 du Pacte international sur les droits civils et politiques ratifié par le Maroc.
Il le considère comme un détenu d’opinion.

Il appelle les forces démocratiques en France à soutenir ses actions en vue de la libération d’Ali Lmrabet et de la levée d’interdiction des deux publications. 

Il se rend en délégation, le mercredi 28 mai à 17H30, à l’Ambassade du Maroc.

Comité pour la libération de Ali Lmrabet créé à l’initiative de :
Association des Marocains en France (AMF), Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF), Forum marocain pour la vérité et la justice (FMVJ-France), Hourrya liberté, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Reporters sans frontières (RSF).

Premières signatures de soutien à la création du comité :

AFASPA, Avocats sans frontières (Belgique), Convergence des démocrates marocains à l’étranger, France Libertés, MRAP, Syndicat national des journalistes (SNJ)…

Bachir Ben Barka, Saad Ben Barka, René Gallissot, Marguerite Rollinde… 

Rappel des faits

Le 13 mai 2003, Ali Lmrabet comparaissait devant la justice pour « outrage à la personne du roi », « atteinte à l’intégrité territoriale » et « atteinte au régime monarchique ». Les articles et les caricatures incriminés concernaient la liste civile royale votée au Parlement (document officiel du ministère des Finances distribué aux parlementaires), l’histoire de l’esclavage, un photomontage mettant en scène des personnalités politiques du royaume et les extraits d’une interview d’un républicain marocain, qui se prononçait notamment pour l’autodétermination du peuple sahraoui.

Début mai, le directeur de Ecoprint avait informé Ali Lmrabet qu’il n’imprimerait plus ses deux publications en raisons des pressions qu’il subissait. Il avait ensuite déclaré qu’il était en désaccord avec la ligne éditoriale de Demain Magazine et Doumane.

Le 6 mai 2003, Ali Lmrabet a entamé une grève de la faim pour, « faire valoir [ses] droits », « faire cesser les intimidations répétées contre [son] imprimeur et d’autres disposés à imprimer [ses] journaux », et demander le respect de sa liberté de circulation. Le 17 avril dernier, alors que le journaliste s’apprêtait à prendre un vol pour Paris à l’aéroport de Rabat, deux agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST) l’avait interdit de sortie du territoire « sur instruction de la DST ». Les autorités marocaines étaient revenues sur cette décision la semaine suivante. 

A l’issue d’une mission dans le royaume du 22 au 27 avril 2003, Reporters sans frontières a publié un rapport sur la liberté de la presse au Maroc, intitulé « le rappel à l’ordre de la presse indépendante ». L’intégralité de ce rapport ainsi que les dessins et les articles pour lesquels Ali Lmrabet est poursuivi, sont consultables sur le site www.rsf.org.

Paris, le 28 mai 2003

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