Brésil-Guyane, une rencontre sur les droits des travailleurs transfrontaliers

Benoît Van Gastel, section LDH de Cayenne.

La section de Cayenne de la LDH a participé à une réunion transfrontalière au Brésil sur le travail décent et sur les droits des habitants transfrontaliers. La réunion s’est tenue les 18 et 19 septembre 2014, à Oiapoque, ville d’environ 25 000 habitants au Nord du Brésil proche de la frontière avec la Guyane. Elle était organisée par un syndicat de fonctionnaires de l’Etat d’Amapa (Sindicato dos Servidores Públicos Federais Civis no Estado do Amapá, Sindsep). Un travail suffisamment fructueux pour qu’un prochain rendez-vous soit pris pour la fin de l’année 2014 à Cayenne.

La délégation française présente comprenait la Fsu, la Cimade, Colibry, l’organisme de formation Equinoxe, les représentants des Brésiliens en Guyane et la section LDH de Cayenne. Des tables rondes et des débats ont permis d’aborder beaucoup de sujets transfrontaliers avec la participation d’associations, de syndicalistes, de chercheurs universitaires…

Pour ce qui est de la LDH, une présentation a été faite après un rapide historique, de nos principales actions à Cayenne et un état des lieux sur les droits de l’Homme en Guyane. L’intervention concluait sur la définition du travail décent de l’article 23 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et sur des préoccupations particulières en Guyane sur la question.

Les échanges ont été riches, y compris dans la délégation française : les préoccupations sur la situation des migrants, des travailleurs de part et d’autre de la frontière sont nombreuses. Du coté Français, les retours à la frontière en nombre record, l’obligation de visa pour les Brésiliens voulant venir en Guyane (alors que n’est pas le cas lorsqu’ils veulent aller à Paris !), le pont transfrontalier qui n’est toujours pas ouvert et les barrages policiers sur les routes qui entravent la libre circulation des personnes, les questions d’accès aux soins. Autant d’entraves aux droits à l’origine des précarités que ne manquent d’exploiter les passeurs, les employeurs ou des logeurs peu scrupuleux de Guyane.

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