Quelle politique face aux auteurs de violences à la Réunion ?

Deux ans après sa création, le programme de prise en charge des auteurs de violences montre que ce dispositif, orientant un nombre de plus en plus important de personnes auteurs(e)s de violences vers les associations ayant mis en place des points d’écoute spécialisés ou des groupes d’expression, de soutien et de responsabilisation, répond aux besoins de l’île pour lutter contre ce fléau sociétal.L’objectif est de proposer aux auteurs de violences intrafamiliales, une prise en charge psychosociale adaptée, afin de permettre d’apporter une réponse à la victime et de lutter contre la récidive de l’auteur(e) :
– prise de conscience de la violence ;
– se reconnaître comme auteur de la violence ;
– travail sur soi.

Fonctionnement : les personnes sont reçues en entretien individuel par un intervenant formé à l’écoute. Ceux-ci ont pour formation initiale, un diplôme de psychologue clinicien ou de travailleur social.

Un partenariat a été mis en place avec la Gendarmerie et la Police nationale par le biais d’une assistante de service social en poste au commissariat de Saint-Denis, qui accueille les victimes et les auteurs de violences intrafamiliales. Celle-ci leur propose de contacter les associations concernées.

Points forts :
– la convention signée avec le parquet et le tribunal de grande instance de Saint-Denis pour la prise en charge de personnes sous main de Justice a été renouvelée pour une période de deux ans ;
– mise en place d’outils-supports (projections de films court-métrages, utilisation de tableaux récapitulatifs des peines encourues selon les infractions).

Deux associations sont habilitées à recevoir des auteurs de violences pour un suivi psychologique et une aide à la réinsertion, dans le cadre d’une politique de lutte contre la récidive (Axe 8 du programme de santé publique).

L’Association familiale de prévention développement et santé (AFPDS), présidée par M. Yanick Gazard (par ailleurs cadre-responsable d’une équipe de trente-cinq assistant(e)s sociales au CHU de Saint-Pierre et ancien assistant social lui-même). Les auteurs de violences, hommes (en majorité) et femmes reçus dans ce cadre, notamment en groupes de parole (après entretien de responsabilisation), le sont dans un cadre contraint (c’est-à-dire dans le cadre d’une « injonction de soin » judiciaire qui est soit une alternative à la poursuite de la détention, soit une peine principale intervenant en lieu et place de la détention. En cas de non respect de ce suivi l’auteur de violence se verra reconduit en détention).

L’Association réunionnaise d’entraide aux libérés (Arel)

57 rue Monseigneur de Beaumont 97400 Saint-Denis

Tel. 02 62 90 95 50

ass.arel@wanadoo.fr

Activité de la structure

Contrôle judiciaire socio-éducatif

Public accueilli

Sortant de prison, personnes placées sous-main de Justice, anciens détenus, mineurs délinquants, auteurs de violence conjugale, personnes sous suivi judiciaire

Professionnels :
– psychologue
– éducateurs spécialisés
– moniteur éducateur
– assistante de service social

Dans ce cas, il s’agit de consultants volontaires soit dans le cadre d’une obligation légale (« l’obligation de soins » peut être déclarée par un juge même avant jugement mais ne comporte, malgré son nom, aucune contrainte ou contrôle. Ce sera seulement « un bon point » dans le dossier du justiciable s’il en fait état), soit demande spontanée.

NB : en aucun cas on ne peut décider d’une obligation ou d’une injonction de soins pendant la détention. C’est alors l’administration pénitentiaire (et non le pôle judiciaire), et elle seule, qui gère les incitations, et elles sont nombreuses, de prise en charge médicale ou médico-psychologique ou de participation à telle ou telle activité, le plus souvent en faisant valoir des possibilités d’aménagements voire de réduction de peine. Elle fait alors appel à des praticiens ou des intervenants qui peuvent relever des structures déjà citées ou d’associations (voir ci-après), etc.

Côté victimes, ce sont essentiellement les centres médico-psychologiques, psychiatrie adultes et ados (CMP), soit directement soit sur demande de la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP, tél. 02 62 21 37 71) qui seront en première ligne ou en relais du 115 ou d’associations telles que 36 19 Violence conjugale ; SOS viol 0 800 05 95 95 ; SOS Femmes battues 02 62 30 12 02 ; 119 Enfance maltraitée ; Cevif 02 62 41 80 80 ; AMAFAR soutien familles 02 62 30 53 30 ; Amafare soutien mères 02 62 30 59 63 ; Suicide écoute 01 45 39 40 00 ; Antenne Réunionnaise de l’Institut de Victimologie (Ariv) 06 92 61 08 88 ou 02 62 19 07 56 ; Unité de victimologie CHR F-Guyon-Saint- Denis 02 62 90 57 20, etc.

A noter qu’à La Réunion, le docteur Visnelda-Douzain Christine, psychiatre EPSMR, est à la fois référente CUMP départemental et présidente de l’Arel.

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