Mort de deux étrangers lors de leur éloignement à l’aéroport de Roissy

L’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières aux étrangers) s’inquiète du décès de deux étrangers survenus en quinze jours au moment de leur éloignement : un Argentin reconduit vers son pays le 30 décembre 2002 et un Somalien refoulé vers l’Afrique du Sud le 16 janvier 2003.

L’Anafé vient de saisir le Premier ministre après le décès de Ricardo Barrientos, un Argentin de 52 ans, qui était sous le coup d’une interdiction du territoire français. Amené dans l’avion par une brigade d’escorte, maintenu plié en deux sur un siège pour éviter qu’il ne s’agite trop et qu’il puisse alerter les autres passagers du vol, Ricardo Barrientos serait mort d’une crise cardiaque juste avant le décollage. Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête sur les causes de son décès.

Dans sa lettre au Premier ministre, l’Anafé se fonde sur une recommandation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur les expulsions d’étrangers adoptée le 22 janvier 2002. Cette recommandation demande aux Etats membres de prendre davantage de précautions. En effet, l’assemblée est ’fortement préoccupée par le nombre de décès résultant des méthodes utilisées dans l’exécution des procédures d’expulsion forcée dans les Etats membres du Conseil de l’Europe’.

L’Anafé, association dont la mission est d’aider les étrangers maintenus dans les zones d’attente, en particulier à Roissy, rappelle que, depuis plusieurs années, elle ne cesse de s’inquiéter des brutalités policières rapportées en particulier au cours des tentatives d’embarquement forcé. Il ne s’agit en aucun cas d’une situation isolée mais bien d’une pratique qui nous est fréquemment dénoncée.

Dans son courrier, l’Anafé invite le Premier ministre à saisir la Commission nationale de déontologie de la sécurité afin qu’elle puisse, d’une part, se déterminer sur les brutalités policières dont nous faisons état et, d’autre part, élaborer des recommandations sur les manquements constatés.

L’Anafé se joint également à une plainte déposée par plusieurs associations auprès du Tribunal de grande instance de Bobigny.

Le 21 janvier 2003.

Contact : Hélène Gacon, 06 80 84 89 50 ou 01 53 10 26 36

Share This