La Ligue des droits de l’Homme soutient le film « A ciel ouvert ».

A l’heure où le développement durable est dans tous les discours mais a du mal à s’imposer dans les politiques des gouvernements, ce documentaire d’Iñès Compan nous invite à partager le combat de populations argentines pour le respect de leur environnement.
(En salle le 9 mars 2011 – visionnez la bande-annonce )
Sur les hauts plateaux du Nord-Ouest argentin, les populations indigènes Kollas sont en lutte. La communauté de Cerro Negro décide un « corte de ruta » pour attirer l’attention du gouvernement argentin qui les a totalement abandonnés. On assiste ainsi au barrage de la route internationale. Durant trois jours de nombreux poids lourds seront bloqués, au point que les autorités se déplaceront pour entendre leurs revendications : achèvement de la construction de l’école, débutée il y a quinze ans, elle est toujours « à ciel ouvert », accès à l’eau et à l’électricité.

Dans un village proche, la population est confrontée à la réactivation d’une ancienne mine par une multinationale canadienne, dont l’objectif est d’en faire l’une des plus grosses mines d’argent « à ciel ouvert » du monde. Les mines de la région avaient été fermées en raison de la baisse des cours des métaux, provoquant le chômage de nombreux hommes, l’exode rural et l’alcoolisme. Les Kollas se battent néanmoins contre ce projet car il ne fait aucun cas de l’environnement, de l’économie basée sur l’élevage des lamas et du respect de la terre mère, la « Pacha Mama ». Les rivières seront polluées, et l’évidement de la montagne réduira l’espace dédié à l’élevage. Pour ceux qui ont choisi de se battre, les compensations proposées par la société canadienne sont dérisoires.

Ces deux histoires parallèles nous plongent dans un territoire grandiose et malmené, théâtre de conflits faisant résonner de nombreux mythes… Iñès Compan a vécu plusieurs mois avec ces populations Kollas de la Puna argentine, à plus de 2 000 km de Buenos Aires, à proximité des frontières du Chili et de la Bolivie, dans les hauts plateaux andins désertiques et silencieux, où la vie s’organise autour de l’élevage et de l’exploitation du sel. Pas d’eau, ni de gaz, ni d’électricité dans ces villages coupés du monde et aux conditions de vie souvent extrêmes.

Filmé sur plus de deux années, le film laisse entrevoir la concrétisation ou non de ces projets : le projet de mine avance et d’autres se développent malheureusement un peu partout en Amérique latine, l’achèvement de l’école de Cerro Negro, après des années de revendications, montre que la lutte peut amener des résultats.

Selon la réalisatrice : « Ce qui est à la base du film est une sorte de lutte entre David et Goliath qui a lieu en Argentine, mais l’objectif du film n’est pas manichéen, c’est à dire qu’il ne se contente pas de montrer les « bons » d’un côté et les « méchants » d’un autre. Le but est de montrer la complexité qui existe dans un territoire où il y a des richesses à défendre. Il s’agit de montrer qu’il y a des difficultés et des divisions internes au sein des communautés indigènes, que tout n’y est pas rose finalement… Le film prend finalement la défense des communautés indigènes mais en montrant en même temps que la situation est très compliquée… »

Ce documentaire totalement dépaysant, montre bien la complexité du combat pour le développement durable et constitue une très bonne introduction pour un débat sur ce sujet.

Des représentants du groupe de travail « environnement – développement durable » peuvent être sollicités pour intervenir en sections et animer des débats.

Consultez le blog du film : http://acielouvert-film.blogspot.com/

Production : Mosaïque Films – Le Hamac Rouge – Réalisation : Iñès Compan – Image : Iñès Compan, Martin Ducros

Durée : 94’ – Format : 16/9

Date de sortie : 9 mars 2011

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