L’accueil humanitaire ne suffit pas !

Face à l’accroissement du nombre de personnes à la rue, y compris les réfugiés, des fédérations et associations nationales ont organisé une journée nationale d’action le 30 octobre, pour dénoncer cette situation et proposer des mesures de prévention et d’accueil dignes de notre pays.

Leur délégation a été reçue ce jour-là par des conseillers du Premier ministre pour présenter des cas exemplaires de dysfonctionnements des services de l’État et commenter les propositions associatives sur les réponses à l’urgence sociale et l’accueil des réfugiés, statutaires ou non.

Deux nouvelles rencontres à Matignon ont eu lieu :

– le 10 décembre sur les 10 mesures demandées par la Coordination pour le droit d’asile
– le 17 décembre sur le plan d’action demandé pour l’ensemble des personnes à la rue, leur accueil et leurs conditions de vie.

Aucun progrès n’est encore intervenu alors que la situation s’aggrave :

– La vague de froid rend plus visibles le drame et les dangers de la vie dans la rue, le manque de places et de confort des centres d’accueil et d’hébergement d’urgence. Cette année encore, on doit ouvrir des dortoirs, utiliser des wagons désaffectés…
– Le délai moyen de réponse pour l’OFPRA aux demandes d’asile dépasse maintenant les 18 mois et le taux de refus pour les adultes approche des 90% !
– Les incohérences de la réglementation mettent les administrations, les associations et les personnes intéressées dans des situations impossibles : obligation d’accueil au titre de l’aide sociale mais interdiction d’aider les personnes en situation irrégulière, arrestation de réfugiés en cours de procédure, aides au logement temporaire accordées en dehors du droit, allocation d’insertion arrêtée en cours de procédure, etc.

Une réelle mobilisation des associations est entreprise pour développer l’hébergement immédiat, mais les crédits débloqués sont ponctuels et très insuffisants, et des moyens juridiques et techniques indispensables manquent :

– un plan d’action global à la hauteur des besoins, analogue à ceux mis au point pour le Pare, ou les établissements pour handicapés…
– le rétablissement du droit au travail pour les réfugiés (supprimé par une circulaire de 1991) et des durées de procédures normales pour leur demande d’asile, etc.

Nos concitoyens sont plus généreux qu’on ne le pense, et prêts à soutenir ceux qui auront le courage de s’attaquer aux causes des drames actuels. Les échéances électorales approchent et nous ne pouvons pas nous taire car la situation serait pire pour tous, y compris les futurs élus.

Les fédérations et associations nationales demandent une audience au Premier ministre et préparent une nouvelle journée nationale d’action pour le mardi 26 février 2002.

Paris, le 19 décembre 2001

Fédérations et associations signataires

ACAT – AFTAM accueil et formation – Amnesty International, section française – APSR – Association des cités du Secours catholique – Association Primo Levi – CASP – CIMADE Service œcuménique d’entraide – COMEDE – Droit au logement – Emmaüs France – FAPIL – Fédération de l’entraide protestante – Fédération des œuvres évangéliques – FNARS – Fondation abbé Pierre – Fondation Armée du salut – Forum réfugiés – GAS – GISTI – La Raison du plus faible – Ligue des droits de l’Homme – Médecins du Monde – MRAP – Secours catholique (Caritas/France) – SSAE – SNPM – UNAFO – UNIOPSS – …

Contacts presse

FNARS – Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale
Bernard LOYE – tél. : 01 48 01 82 06 / fnars.com@libertysurf.fr

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