Harkis : un crime d’Etat

Tribune de Michel Tubiana, président de la LDH, publiée dans ’Libération’ le 10 septembre 2001

La section belfortaine de la Ligue des droits de l’Homme veut raison garder.

Le couvre-feu partiel décrété par l’arrêté municipal du maire de Belfort pour la fin de semaine du 11 novembre inquiète la section belfortaine de la ligue des droits de l’Homme car il entretient la confusion et risque d’attiser le feu.

Il ne s’agit pas d’une mise en application de l’état d’urgence proclamé par le gouvernement au niveau national pour 12 jours mais du pouvoir qu’a toujours le premier magistrat de la commune pour remplir sa mission de maintient de l’ordre. Ce qui prouve par ailleurs que la proclamation de l’état d’urgence en France n’était pas nécessaire pour imposer le couvre-feu là où la situation le mérite.

Les violences urbaines à Belfort, inacceptables mais quand même à relativiser, nécessitent-elles, dans l’état de crise sociale actuel, une décision si grave ? Faire comme si les parents n’avaient pas encore compris ce qui se passe, leur donner une leçon supplémentaire, nous semble surtout susceptible de conforter les rancoeurs et les haines. Nous souhaitons que s’établisse un vrai dialogue.

Belfort le 11 novembre 2005

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