Appel à la manifestation contre le projet de loi sécurité intérieur

L’Assemblée nationale se prépare à adopter le projet de Nicolas Sarkozy. La Commission des lois propose d’en aggraver les dispositions. En même temps, Dominique Perben a mis en chantier une réforme inspirée par le ministère de l’Intérieur qui conduit, là encore, à restreindre les libertés et à s’attaquer aux plus démunis d’entre nous.

Lutter contre l’insécurité, ce n’est pas cela, ce n’est pas désigner les pauvres comme boucs émissaires et faire de chacun de nous des citoyens soumis au pouvoir discrétionnaire de l’État. Lutter contre l’insécurité, c’est bien sûr réprimer quand c’est nécessaire, mais c’est aussi prévenir, éduquer, rétablir partout tous les services publics, reconstruire la vie là où elle n’existe plus et rétablir les solidarités qui ont disparu. Il faut sortir de la précarité et du chômage les quelques millions de personnes qui s’y trouvent, lutter contre toutes les discriminations qui divisent les habitants de notre pays et offrir un autre cadre de vie que des quartiers devenus des ghettos où l’on survit sans espoir. Ce ne sont pas les pauvres qu’il faut combattre, c’est la pauvreté !

Ce n’est pas en accroissant sans cesse les pouvoirs de police, au point que le domicile de chacun ne sera plus inviolable, que nous ne pourrons plus nous déplacer librement ou en transformant la justice en chambre d’enregistrement des enquêtes policières que la sécurité de chacun sera assurée. Ce sont, en revanche, nos libertés qui seront dangereusement affaiblies au bénéfice d’un État de plus en plus autoritaire.

En présentant ce projet, le gouvernement touche à la nature même de la République et porte atteinte à la cohésion sociale.

De cela nous ne voulons pas. Nous savons qu’aujourd’hui le gouvernement détient tous les pouvoirs, mais il n’a pas reçu mandat de faire de l’inégalité et de l’arbitraire des règles de la République. Nous appelons tous les citoyens à le dire à leurs députés et à le manifester publiquement, dans toutes les villes de France, le samedi 11 janvier 2003.

Les organisations signataires tiendront une conférence de presse
le mercredi 8 janvier 2003 à 11 heures à l’Assemblée nationale.

Premiers signataires : Les Alternatifs, Les Amis du Bus des Femmes, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM France), Collectif du 24 septembre des gens du voyage (ANGVC, ARPOMT, ARTNF, ASDT, Centre culturel gitan, Etudes Tsiganes, Les Français du voyage, ONAT, Regards, UNISAT, URAVIF), Confédération Générale du Travail (CGT), Confédération Paysanne, Conférence Permanente des Organisations Professionnelles du Social, Droits Solidarité, Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE), France Libertés, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), GISTI, Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT), Imaginons un réseau Internet solidaire (IRIS), Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF), Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), Mouvement de lutte contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP), Parti Communiste Français (PCF), Parti Radical de Gauche (PRG), Parti Socialiste (PS), Pionniers de France, Prévention Action Santé Travail pour les Transgenres (PASTT), RAS, Ras l‘front, La Souris Verte-Forum des Jeunes Verts, Syndicat des Avocats de France (SAF), Syndicat de la Magistrature (SM), Système d’Echange Local par le Don et la Réciprocité (SEL), UNEF, Union Syndicale G10 Solidaires, Les Verts.

Paris, le 23 décembre 2002

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