Algérie : le devoir d’agir

Les écoles militaires françaises en 1914

par Éric Labayle

De tous temps, et surtout depuis la Révolution et le Premier Empire, l’instruction de ses cadres a été une priorité de l’armée française. Tout au long du XIXe siècle, celle-ci s’est donc dotée d’un ensemble d’écoles de plus en plus complet. Ainsi, en 1914, de l’enfant de troupe à l’officier supérieur, la vie du gradé et du spécialiste était jalonnée par des périodes d’études scolaires.

On peut distinguer trois grandes catégories d’écoles militaires :

1.

Les écoles dites « préparatoires », collèges et lycées militaires, destinées à encadrer et instruite militairement toute une jeunesse (enfants de troupe, fils d’officiers, etc.).
2.

Les écoles de formation. Ce sont elles qui permettent au lycéen ou au sous-officier « d’accéder à l’épaulette », c’est à dire de devenir officier.
3.

Les écoles de perfectionnement et écoles d’armes. Passage obligé de tout officier, en fonction de son arme ou de son service d’appartenance. En début de carrière, il y apprend les rudiments techniques de son métier. Ensuite, il y effectue des stages, sortes de périodes de remise à niveau. La plus prestigieuse de ces écoles est bien entendu l’École Supérieure de Guerre, qui constitue un véritable marchepied pour l’accession au grade de général.

Cet article se propose de brosser un tableau complet de ces établissements scolaires. Objets de tous les soins du commandement militaire, c’est là que se faisaient et s’enseignaient les nouvelles doctrines. De ce vivier remarquable sont sortis tous les officiers subalternes et supérieurs de la Grande Guerre, mais aussi, et surtout, l’ensemble du haut-commandement français. C’est cette fonction de vivier et de dénominateur commun qu’il convient de rappeler ici.

1 – Les écoles « préparatoires »

L’orphelinat Hériot. Cet établissement est implanté à La Boissière (Seine-et-Oise). Il accueille 160 enfants, âgés de cinq à treize ans et recrutés parmi les enfants de troupe de l’armée de terre. Ces élèves y reçoivent un enseignement général comparable à celui des écoles primaires, mais qui doit en outre les préparer à l’entrée dans une École Militaire Préparatoire.

Les Écoles Préparatoires (puis Écoles Militaires Préparatoires). Elles accueillent les enfants de troupe âgés de 13 ans et leur dispensent une instruction de base, nécessaire à leur future carrière militaire. Il en existe six :

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Rambouillet (enfants de troupe d’infanterie)
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Montreuil-sur-Mer (enfants de troupe d’infanterie)
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Saint-Hippolyte-du-Fort (enfants de troupe d’infanterie)
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Les Andelys (enfants de troupe d’infanterie)
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Autun (enfants de troupe de cavalerie)
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Billons (enfants de troupe de l’artillerie et du génie)

Les enfants de troupe de gendarmerie rejoignent les écoles de leur arme d’origine.
Ces Écoles Préparatoires peuvent rassembler chacune jusqu’à 500 élèves. En principe, tous s’engagent dans l’armée dès qu’ils ont atteint l’âge de 18 ans. S’ils ne le font pas ou s’ils sont renvoyés pour raison disciplinaire, leur famille doit rembourser à l’État plus de la moitié des frais de scolarité.

Le Prytanée Militaire. Cette école est implantée dans la ville de La Flèche (Sarthe). Elle accueille les fils de militaires (armée de terre comme marine) et d’employés du Ministère de la Guerre qui ont passé avec succès les épreuves du concours d’entrée ou qui possèdent la première partie du baccalauréat. Sauf exception, les élèves sont âgés de moins de 19 ans. L’instruction dispensée doit les former à leur future carrière militaire. Elle se compose d’un enseignement général, commun à l’ensemble des lycées français, auquel est adjointe une formation au maniement d’armes, à la gymnastique et à l’équitation.

2 – Les écoles « de formation »

L’École Spéciale Militaire. Créée sous le Consulat (1802), elle est implantée à Saint-Cyr, près de Versailles. C’est sans aucun doute la plus célèbre des écoles militaires françaises. Ne formant à la fin du XIXe siècle que des officiers d’infanterie, de cavalerie et d’infanterie coloniale (infanterie de marine jusqu’en 1900), elle s’ouvre progressivement aux autres armes. Les élèves, tous bacheliers, sont âgés de 17 à 21 ans. Ils sont admis à l’issue d’un concours d’entrée et de la signature d’un engagement militaire de trois ans. L’instruction dure deux années, au terme desquelles est organisé un concours de sortie. En fonction de leur rang, les lauréats peuvent choisir l’arme dans laquelle ils seront affectés comme sous-lieutenants. Ceux qui ne satisfont pas aux épreuves terminales sont nommés sous-officiers ou, pour les moins doués, caporaux.

L’École Polytechnique. Cette création de la Révolution est un vaste vivier, qui forme à de multiples emplois scientifiques et techniques. École militaire à l’origine, Polytechnique s’ouvre de plus en plus aux élèves désirant faire des carrières civiles (ingénieurs, etc.). On y entre sur concours après le baccalauréat. La scolarité (disciplines scientifiques et instruction militaire) dure deux années, à l’issue desquelles est organisé un concours de sortie. En fonction de leur rang, les lauréats choisissent soit les services civils, soit la carrière des armes. Les premiers sont nommés sous-lieutenants de réserve puis partent effectuer une année de service en corps de troupe ; les seconds sont sous-lieutenants d’active de l’artillerie ou du génie. Ceux qui échouent au concours de sortie terminent dans un régiment le temps de leur engagement militaire initial, puis ils sont rendus à la vie civile.

L’École de Cavalerie. Elle accueille à Saumur des sous-officiers de cavalerie auxquels est dispensé un enseignement leur permettant de devenir officiers. Les élèves y entrent à la suite d’un concours. Leur scolarité dure dix mois, à l’issue desquels est organisé un concours de sortie. Les lauréats sont nommés sous-lieutenants et les autres retournent en corps de troupe comme sous-officiers. Bien entendu, l’instruction est centrée sur le cheval et sur la pratique du combat à cheval. Nous retrouverons cette école plus bas, au nombre des établissements de perfectionnement.

L’École Militaire d’Infanterie. Elle est implantée à Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Les élèves-officiers sont d’anciens sous-officiers (ils doivent avoir au moins deux ans de grade de sergent) qui ont passé avec succès les épreuves du concours d’entrée. Après une année de scolarité, les lauréats du concours de sortie sont nommés sous-lieutenants d’infanterie (métropolitaine ou coloniale). Les autres reviennent à leur ancien corps de troupe avec leur grade d’origine.

L’École Militaire d’Artillerie (et du Train des Équipages). Elle est implantée à Fontainebleau depuis 1912. Les conditions d’admission sont les mêmes que pour l’École Militaire d’Infanterie. Les élèves sont âgés de 25 à 28 ans, ils ont rang d’adjudants pendant leur année de scolarité. L’instruction est très variée : écoles à feu, service en campagne, équitation, histoire et géographie militaires, mécanique, électricité, topographie, aéronautique, etc. Les lauréats au concours de sortie sont nommés sous-lieutenant. Les autres retrouvent leurs anciens grade et corps de troupe.

L’École Militaire du Génie. Elle est implantée à Versailles depuis 1912. Les conditions d’admission sont les mêmes que pour l’École Militaire d’Infanterie. Seule change la teneur des épreuves du concours d’admission. Les élèves sont âgés de 25 à 28 ans, ils ont rang d’adjudants pendant les onze mois de leur scolarité. Puisqu’ils sont sensés déjà posséder une bonne culture militaire générale, celle-ci ne s’appesantit pas sur les généralités. Elle porte surtout sur l’arithmétique, la géométrie et les aspects techniques particuliers au génie. L’équitation est également privilégiée. Les lauréats au concours de sortie sont nommés sous-lieutenant. Les autres retrouvent leurs anciens grade et corps de troupe.

L’École des Aspirants de Gendarmerie. Elle est implantée à Paris, caserne Schomberg, depuis 1901. Ses élèves sont des sous-officiers de gendarmerie totalisant plus de deux années de services. Ils ont été proposés par leurs chefs de légions et ont subi avec succès les épreuves du concours d’entrée. La formation dure six mois. L’instruction dispensée est triple : générale, militaire et technique. L’examen de fin d’études donne lieu à un classement par ordre de mérite.

Les écoles vétérinaires. Ce ne sont pas des écoles militaires. Toutefois, un certain nombre de places y ont réservées à des jeunes gens âgés de 17 à 18 ans, boursiers du ministère de la Guerre et qui ont passé avec succès le concours d’entrée. A l’issue de leur scolarité et après un examen complémentaire, ils rejoignent l’école de Saumur pour y suivre des cours d’application en qualité d’aides-vétérinaires-stagiaires. Il existe trois écoles vétérinaires en France : Alfort, Lyon et Toulouse.

L’École du Service de Santé. Elle est implantée à Lyon. Les élèves, bacheliers et inscrits au doctorat en médecine, sont âgés de 17 à 22 ans. Ils sont admis sur concours. L’instruction est double : en plus d’une scolarité classique suivie à la faculté de médecine de Lyon en compagnie des autres étudiants civils, une formation spécifique à la médecine militaire est dispensée. La formation purement militaire se limite à quelques manœuvres élémentaires d’infanterie et à l’équitation. L’admission au doctorat en médecine marque la fin de la scolarité. Ceux qui s’engagent à servir pendant au moins six ans dans le service de santé de l’armée sont envoyés au Val-de-Grâce (voir ci-dessous). Les autres, ceux qui ont échoué ou ceux qui ont été renvoyés, sont rendus à la vie civile.

L’École d’Administration Militaire. Elle est implantée à Vincennes depuis 1875. Ses élèves sont des sous-officiers rengagés, âgés de moins de 27 ans et célibataires (ou veufs sans enfants). Ils sont originaires de toutes les armes métropolitaines et coloniales, y compris du service de santé. Une instruction militaire élémentaire y est dispensée : gymnastique, tir, vélocipédie, équitation, escrime, commandement d’une section d’ouvriers d’administration ou d’infirmiers, etc. La partie administrative est beaucoup plus développée. La formation dure dix mois à l’issue desquels les lauréats de l’examen de sortie sont nommés officiers d’administration.

3 – Les écoles d’armes et de perfectionnement (d’application)

L’École Supérieure de Guerre. Plus qu’une simple école, cet établissement parisien est un véritable tremplin pour les carrières des officiers-élèves. C’est également un remarquable laboratoire d’élaboration des doctrines. Il faut avoir au moins cinq années de service et posséder le grade de lieutenant ou celui de capitaine pour se présenter au concours d’entrée. Chaque promotion compte moins d’une centaine d’élèves (70 à 80 en moyenne). Toutes les disciplines intellectuelles et militaires abordées lors des précédentes scolarités sont approfondies. Des voyages d’étude sont organisés sur les frontières, sur les champs de bataille, dans divers états-majors, dans des établissements militaires (hôpitaux, arsenaux, etc.). Nanti de son expérience du métier acquise auparavant et désormais doté d’une solide culture en histoire militaire et en travaux d’état-major, l’élève doit pouvoir être employé partout où est nécessaire une connaissance complète et globale de l’armée. La scolarité dure deux ans. Les lauréats de l’examen de sortie forment une caste à part : celle des « brevetés ». Ils sont affectés dans des états-majors et bénéficient d’un avancement plus rapide que leurs anciens camarades non brevetés.

L’École Militaire d’Artillerie. Elle est implantée à Fontainebleau (voir plus haut). Elle accueille les sous-lieutenant issus de Polytechnique. L’instruction dure deux années, entrecoupées par un examen intermédiaire. Elle porte sur la théorie et les règlements d’artillerie, les manœuvres à pied, l’équitation, le tir au canon, les explosifs, etc. L’examen de sortie détermine l’affectation. Les mieux notés choisissent leur corps de troupe en premier et ainsi de suite. Les derniers peuvent être purement et simplement placés en non-activité. En complément de cette fonction, l’école de Fontainebleau assure un « cours spécial d’instruction » pour des lieutenants d’artillerie et du train venus de corps de troupe.

L’École de Cavalerie. Elle accueille trois sortes d’officiers :

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Les sous-lieutenants de cavalerie sortis de Saint-Cyr
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Les sous-lieutenants de cavalerie issus des sous-officiers et promus pour fait de guerre
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Les officiers de cavalerie venant d’autres armes (l’infanterie essentiellement).

L’instruction porte sur les connaissances militaires générales mais aussi surtout sur la culture hippique. Le rang de classement à l’examen de sortie détermine l’ancienneté des élèves dans leur grade de lieutenant, au moment de leur retour en corps de troupe. En marge de ces cours d’application d’officiers et de ses cours de sous-officiers-élèves (voir plus haut), l’école de Saumur forme également des télégraphistes, des maréchaux-ferrants et des dresseurs.

L’École Militaire du Génie. Elle est implantée à Versailles depuis 1912 (voir plus haut). Elle accueille les sous-lieutenant fraîchement sortis de Polytechnique. L’instruction dure deux années, entrecoupées par un examen intermédiaire. Elle porte sur tous les aspects techniques du génie : théorie et règlements, manœuvres, équitation, explosifs, sapes, etc. L’examen de sortie détermine l’affectation. Les mieux notés choisissent leur corps de troupe en premier et ainsi de suite. Les derniers peuvent être purement et simplement placés en non-activité. En complément de cette fonction, l’école de Versailles assure un « cours spécial d’instruction » pour des lieutenants venus de corps de troupe.

L’École d’Application de Médecine et de Pharmacie. Elle est implantée à Paris, dans les murs du Val-de-Grâce. Ses élèves sont des médecins ou des pharmaciens issus du service de santé militaire et qui ont suivi des études dans leur discipline. Suivant leur cas, ils sont admis de plein droit ou bien à la suite d’un concours d’entrée. Le stage dure de quatre à six mois. Les stagiaires alternent cours magistraux et emploi dans un service de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce. Ceux qui échouent à leur examen de sortie sont tenus de rembourser à l’État le prix de leurs études.

L’École de Gymnastique et d’Escrime. Elle est implantée à Joinville-le-Pont. Elle accueille une vingtaine de lieutenants (au maximum âgés de 28 ans), une centaine de sous-officiers rengagés et une vingtaine de caporaux et soldats, pour des cours de cinq mois à l’issue desquels sont décernés des prix et des récompenses. Le cours d’escrime ne rassemble que des brigadiers et sous-officiers déjà titulaires du brevet de prévôt. Il dure onze mois.

L’École Normale de Tir. Elle est implantée dans le camp militaire de Mourmelon (Marne), autrefois nommé « Camp de Châlons ». On y pratique des essais d’armements individuels et des capitaines de chaque arme y suivent des cours de perfectionnement. Deux formations principales sont dispensées :

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Un cours de tir, autant théorique que pratique. Il dure cinq mois.
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Un cours d’armement qui ne dure qu’un mois.

Une fois revenus dans leurs corps de troupe, les officiers sont aptes à exercer les fonctions de capitaine de tir. Certains sont affectés dans les écoles militaires comme instructeurs de tir.

Les écoles d’artillerie. Il s’agit d’établissements plus ou moins permanents, dans chaque corps d’armée. Les sous-lieutenants et lieutenants d’artillerie de la circonscription y suivent des cours de remise à niveau. Les sous-officiers candidats au concours d’entrée à l’école de Versailles (voir plus haut) y sont préparés. Enfin, c’est là que peuvent être formés les artificiers des corps de troupe d’artillerie voisins.

Les écoles techniques du génie. Leur organisation et leur mission sont les mêmes que précédemment, avec une instruction spécifique au génie (fortification, aérostation, sape, etc.). L’une d’elles est spécialisée : celle de Versailles, rattachée au 5e Génie et baptisée École des Chemins de Fer.

L’École Centrale de Pyrotechnie. Elle est implantée à Bourges. Les régiments d’artillerie y détachent des cadres qui doivent y acquérir des compétences leur permettant d’exercer ultérieurement les fonctions de chef artificier. En principe, deux caporaux du génie participent également à chaque stage. L’instruction porte surtout sur les explosifs, mais elle ne néglige ni la manœuvre d’artillerie à pied, ni la géométrie, ni l’arithmétique, ni… l’histoire.

Le lecteur aura sans doute remarqué qu’il n’est pas question ici des écoles de la marine. C’est qu’en plus de dépendre d’un autre ministère (celui de la Marine et non celui de la Guerre), elles disposent d’une administration autonome et proposent des cursus scolaires tout à fait particuliers.

Autre absence de taille, à quelques exceptions près : celle des sous-officiers. Ce sont les « parents pauvres » des écoles militaires. Ils n’en disposent d’aucune avant la fondation de l’E.N.S.O.A. (École Nationale des Sous-Officiers d’Active), aujourd’hui implantée à Saint-Maixent. Il aura donc fallu plus de cent cinquante ans et deux guerres mondiales pour que soit créée pour eux une filière de recrutement autonome et cohérente… C’est que le statut de sous-officier est longtemps resté ambigu. Formé en corps de troupe par des pelotons d’instruction, le sous-officier de 1914 est soit un conscrit en fin de service militaire, soit un futur candidat aux écoles de formation de Saumur, Saint-Maixent et Versailles. Il s’agit donc d’une étape transitoire dans une carrière. Pourtant, les « sous-offs » sont des éléments essentiels de la chaîne hiérarchique militaire. L’épreuve de la Grande Guerre en montrera toute l’importance.

© Les Forums de l’Histoire – 2002

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