Muhamed Gueye, jeune homme de nationalité sénégalaise âgé de 26 ans, est mort le samedi 20 décembre 2025, aux environs de midi, sur le cours Napoléon à Ajaccio, sous les tirs d’un policier.
Manifestement atteint de troubles psychologiques au moment des faits, l’intéressé aurait agressé plusieurs commerçants. Suite à une tentative d’interpellation des policiers, il se serait montré violent, et aurait menacé de faire usage d’un couteau. Il aurait alors pris la fuite et aurait été poursuivi par plusieurs policiers sur le cours Napoléon, qui le mettaient en joue avec leur arme à feu. L’individu maintenant son refus d’obtempérer et menaçant les passants avec son couteau, un policier finit par tirer à bout portant à trois reprises au niveau du thorax de celui-ci.
Les interrogations demeurent entières sur les circonstances exactes entourant le décès de monsieur Gueye et surtout sur le caractère nécessaire et proportionné de l’usage de l’arme létale par le policier à l’origine des tirs.
En effet, le « trouble à l’ordre public manifeste » immédiatement avancé par le procureur de la République ne saurait à lui seul justifier l’usage de l’arme létale au titre de la légitime défense, sans examiner si d’autres moyens auraient pu être employés pour maîtriser l’individu et si la menace qu’il présentait, justifiait de manière absolue l’usage de l’arme à feu au niveau des organes vitaux.
Aussi, la LDH a saisi le 28 janvier 2026 la Défenseure des droits, sollicitant de sa part l’accomplissement des diligences nécessaires, permettant au moyen d’une enquête indépendante de faire toute la lumière sur les circonstances entourant la mort de monsieur Muhamed Gueye sous les tirs d’un policier ; s’agissant notamment du discernement et de l’évaluation de la situation par les fonctionnaires de police. Le regard extérieur et indépendant que peut apporter la Défenseure des droits, en qualité d’autorité chargée de veiller au respect de la déontologie par les professionnels de la sécurité, revêt une importance capitale, en complément de l’information judiciaire qui demeure bien entendu pendante.
