27 juin 2005 – Les hommages à l’OAS ne doivent plus être tolérés !

Sur la commune de Marignane a été annoncée pour le 6 juillet l’inauguration d’un monument à la gloire des quatre “ fusillés de l’OAS ” :

 

* Jean-Marie Bastien-Thiry qui a dirigé l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle,

* Roger Degueldre, chef des commandos “ Delta ” qui ont notamment assassiné le 15 mars 1962 six enseignants – trois Algériens et trois Français (dont Max Marchand et Mouloud Feraoun) – dirigeants des Centres sociaux éducatifs créés par la résistante Germaine Tillion,

* Albert Dovecar et Claude Piegts qui ont participé à l’assassinat du commissaire central d’Alger Roger Gavoury, le 31 mai 1961.

 

La date était choisie tout particulièrement en hommage à Roger Degueldre (condamné à mort, il a été exécuté le 6 juillet 1962), dont les groupes de tueurs ont commis des milliers d’assassinats. Parmi eux, dans la seule première semaine de mai 1962 à Alger, 250 Algériens, pour la plupart des ouvriers du port victimes d’une voiture piégée et des femmes de ménage qui se rendaient à leur travail dans les quartiers européens.

Ces activistes ont été jugés, condamnés à mort par la justice française (à une époque où la peine de mort n’avait pas encore été abolie) et exécutés.

Dans le sud de la France (Nice, Toulon, Théoule, Perpignan…) s’affichent, de plus en plus ostensiblement, des stèles et plaques de rue portant les noms de tueurs de l’OAS. Ces hommages s’inscrivent dans le négationnisme des crimes coloniaux encouragé par la loi du 23 février 2005, dont l’article 4 institue un enseignement du rôle positif de la présence française outre-mer ; et l’article 13 prévoit le paiement par l’Etat d’une indemnité aux membres de l’OAS condamnés, emprisonnés, assignés à résidence ou qui ont fui à l’étranger.

Pour dénoncer ces faits, la Ligue des droits de l’Homme a tenu le 17 juin 2005 une conférence de presse commune avec d’autres associations comme l’Association des Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, la Ligue de l’enseignement, le MRAP, l’Institut Charles-André Julien, le Collectif des historiens contre la loi du 23 février 2005 et les syndicats SGEN-CFDT, UNSA Éducation et FSU.

La mobilisation a contraint le maire de Marignane à un recul : il a demandé à l’association qui veut ériger cette stèle, l’ADIMAD, de renoncer à l’inauguration prévue, “ le temps que les passions s’apaisent ”.

La LDH appelle à rester mobilisé. Au cas où le monument serait érigé malgré tout, elle appellerait à un rassemblement de tous les démocrates le 6 juillet à Marignane.

Un autre succès a été remporté à Toulon. Suite aux demandes de la Ligue des droits de l’Homme, le conseil  municipal a décidé le 24 juin de faire disparaître une tache laissée dans la ville par l’ancienne municipalité d’extrême droite : le “ Carrefour général Salan ” portera désormais le nom de “ Carrefour colonel Salan, Libération de Toulon, août 1944 ”, en référence à la participation de cet officier à la Libération de la ville en 1944 à la tête d’un régiment de tirailleur sénégalais, et non au chef de l’OAS.

La LDH appelle à rester vigilant. Il ne doit plus y avoir de cérémonies publiques d’hommage à ce groupe de factieux et de jusqu’au-boutistes de la défense de la colonisation qu’était l’OAS ! 

 

Consultez les informations complémentaires :

Question écrite n°17916 de Mme. Christiane Demontes

(Rhône, soc.), publiée dans le JO Sénat du 09/06/2005,

page 1619.

Question écrite n°18032 de M. Joël Giraud

(Haultes-Alpes, soc.), publiée dans le JO du

31/05/2005, page 5525.

  • Des informations plus complètes sur ces questions sont accessibles sur le site internet de la section de Toulon de la LDH http://www.ldh-toulon.net/

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