2001 – RAPPORT ANNUEL – Un avion pour Gaza (30 mars)

De retour de la mission « Un avion pour Gaza », initiée par des organisations belges et françaises, les intervenants [Jean-Pierre Dubois, vice président de la LDH, Jean-Marc Dupeux, secrétaire général de la Cimade, et Olivia Wagner, responsable exécutive de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine] font état de la réalité concrète dans laquelle les Territoires occupés se trouvent actuellement : gravité de la situation économique, inaction de la communauté internationale, tension extrême et risque d’explosion.

Communiqué de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine – 21 mars 2001
« Un avion pour Gaza » – Des ONG françaises se mobilisent contre le blocus

Ce 25 mars, un avion pour Gaza partira de Bruxelles. A bord, des équipements médicaux et des médicaments, des couvertures et des vêtements pour les réfugiés, deux ambulances et des plants d’oliviers pour remplacer ceux que les colons et l’armée israélienne ont arrachés. Cette aide, apportée par plusieurs ONG et le gouvernement belge, est destinée à plusieurs partenaires palestiniens : le ministère de la Santé, le Croissant rouge palestinien, les Palestinian Agricultural Relief Committees, Bisan Center et Union Health Work Committees.

Une délégation belge de représentants du monde politique, culturel, associatif et de la presse accompagnera l’avion. La Plateforme française des ONG pour la Palestine a été invitée à s’associer à cette opération et sera représentée par sa secrétaire exécutive, Olivia Wagner, et Jean-Marc Dupeux, secrétaire général de la Cimade, ONG membre de la Plateforme. Mgr Jacques Gaillot et Jean-Pierre Dubois, vice président de la LDH, se sont joints à cette opération.

Nous avons répondu oui à cet appel, d’une part pour renforcer nos liens avec le peuple palestinien, aujourd’hui sous embargo, d’autre part pour donner une dimension européenne, et donc un impact plus fort, à cette initiative, à l’image de la politique française au Moyen-Orient dont le relais par l’Union européenne est désormais un relais obligé. Nous avons répondu oui car il nous faut, à chaque occasion, rappeler que seule l’application stricte des résolutions des Nations unies et de la IVe Convention de Genève pour la protection des populations civiles conduira à une paix juste et durable au Proche-Orient.

Aujourd’hui, nous nous mobilisons pour que cet avion humanitaire puisse atterrir sur l’aéroport de Gaza le 25 mars, fermé par les autorités israéliennes pour des raisons de sécurité. Des responsables politiques européens et des personnalités telles que le prix Nobel de la paix, José Ramos Orta, sont intervenus en ce sens auprès de Shimon Pérès, ministre des Affaires étrangères du gouvernements d’Ariel Sharon.

Mais pour l’heure les médiations demeurent sans succès face à l’obstination du gouvernement israélien de maintenir le peuple palestinien sous blocus. Les autorités israéliennes ne laissent d’autres choix que de diriger cet avion vers l’aéroport de Tel-Aviv, au risque de retarder l’acheminement de l’aide à une population souffrant sévèrement des conséquences du blocus.

C’est parce que les Territoires palestiniens sont soumis, depuis plusieurs semaines, à un isolement draconien, dont les conséquences humanitaires sont catastrophiques et sans précédent, que cette initiative humanitaire a été organisée. Selon un rapport des Nations unies, depuis le début de la deuxième Intifada, la population palestinienne vivant en dessous du seuil de pauvreté a augmenté de 50% et touche aujourd’hui un million de personnes. Le taux de chômage a triplé.

Aujourd’hui, face à cette situation humanitaire catastrophique, nous demandons l’ouverture au plus vite des Territoires. Le blocus actuel constitue un danger à la fois pour les Palestiniens et pour les Israéliens. Nous restons convaincus que la sécurité des Israéliens ne passe pas par un blocus, et le déni du droit international qui en découle, mais par l’application du droit.

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