2001 – RAPPORT ANNUEL – La culture, l’éducation

La liberté d’expression – inscrite dans la Déclaration des droits de l’Homme et dans la Charte des droits fondamentaux – est une précieuse conquête qu’il faut continuer à défendre et à préserver. La censure réapparaît aujourd’hui. Elle se manifeste principalement sous trois formes qu’il nous paraît également nécessaire de traquer :

  • une censure publique locale ou partielle justifiée par l’ordre public et dont on est bien obligé de constater les aspects contingents, historiques, voire même arbitraires ;
  • une censure économique publique qui s’exprime à travers de multiples pressions financières dont la politique de subvention n’est pas la moins efficace ;
  • une censure économique privée, qui passe par l’imposition discutable de normes de fonctionnement corrélées aux lois réelles ou supposées du marché que l’on médiatise volontiers en « opinion moyenne » grand public ou en audimat. Ainsi la censure apparaît-elle ici comme le fruit d’une demande sociale et non pas d’une stratégie délibérée.

L’Union européenne doit s’engager à garantir la liberté d’expression dont les seules limites auront pour fonction de protéger la dignité des personnes, les droits fondamentaux, en luttant contre les propos diffamatoires ou discriminatoires. Un observatoire européen de la liberté d’expression pourrait veiller à la mise en œuvre de ces principes. Tout doit concourir à défendre la liberté d’expression contre la censure économique, contre l’arbitraire de tous les pouvoirs.

La LDH souligne, en relation, entre autres, avec cet objectif, le rôle fondamental de l’École publique, des classes maternelles à l’université. Dans tous les pays européens, l’Éducation nationale doit, et doit pouvoir, accueillir tous les enfants, quelles que soient la situation de leurs parents, leur nationalité, leur appartenance religieuse : c’est un élément essentiel de la laïcité. L’enseignement que l’école dispense, dans sa diversité, doit contribuer à faire reculer toutes les exclusions, toutes les discriminations, et à promouvoir, pour tous, l’égalité de destin. Nous connaissons les difficultés de cette mission : elles participent de sa grandeur.

C’est sur cet arrière-plan que des mesures précises, parmi lesquelles on citera l’aide à la mobilité des jeunes et des enseignants ainsi que l’harmonisation des diplômes, prendront tout leur sens.

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