2000 – RAPPORT ANNUEL – Observatoire du PaCS

Aux côtés d’AC !, d’Act Up Paris, d’AIDES Fédération nationale, de l’APGL, de l’ARDHIS, du Centre gai et lesbien de Paris, de Prochoix Paris, de Sida Info Service et de SOS Homophobie, la LDH est membre de l’Observatoire du PaCS.

INTRODUCTION DU 2e RAPPORT DE L’OBSERVATOIRE DU PaCS (novembre 2000) :

Le bilan d’un an de PaCS 

Dès sa création, l’Observatoire du PaCS s’est donné pour mission de contribuer à l’amélioration du Pacte civil de solidarité, avant et après son adoption. Les premiers communiqués de l’association disaient ceci : « Pendant les débats, nous nous engageons à surveiller les députés. Après le vote, nous continuerons à dénoncer les incohérences du texte, et nous nous efforcerons, avec les instruments du droit, d’en corriger les lacunes ».

Pour cela, nous nous sommes fixé plusieurs objectifs :

  • enregistrer la diversité des difficultés rencontrées par les usagers du PaCS,
  • porter à la connaissance du public et du législateur les insuffisances et les incohérences apparues dans l’application de la loi, notamment par la publication de rapports,
  • constituer un relais d’information et d’orientation,
  • intervenir auprès des institutions compétentes pour faire évoluer la législation, faire des recours devant les tribunaux.

A travers cette démarche, nous entendons militer pour un PaCS le plus complet et le plus utile possible. Nous l’écrivions déjà dans le premier rapport : « Malgré ses insuffisances, le PaCS marque une avancée : il implique la reconnaissance des couples homosexuels et un statut ouvrant de nouveaux droits pour tous les couples ». Cependant nous revendiquions le droit à un « soutien critique », au sens où plusieurs points de ce texte nous paraissaient imparfaits.

Avant le PaCS, nous pointions déjà les problèmes laissés en suspens par un texte qui s’arrêtait au milieu du gué de l’égalité entre les citoyens. Nous prenions alors part au débat public en tant que responsables associatifs, en tant que représentants de la société civile travaillant sur le terrain, en tant qu’individus, citoyens, en tant qu’usagers du PaCS : « des homosexuel/les, exclu/es du droit au mariage. Des sans-papiers et des couples bi-nationaux, rendus à l’arbitraire des préfectures. Des malades du sida, qui peuvent mourir avant d’avoir acquis aucun droit. Des parents ou futurs parents gays ou lesbiens, privés de droits pour leurs familles. Des allocataires des minima sociaux, qui devront choisir entre le PaCS et le maintien de leurs allocations. Nous sommes ceux dont le PaCS devrait améliorer les vies. Dans son état actuel, ce projet ne le fera pas. ».

Aujourd’hui, le PaCS fête son premier anniversaire. 

Premier constat, comme nous l’avions demandé et écrit à tous les parlementaires avant le passage en seconde lecture du texte à l’Assemblée, le législateur a renoncé à l’instauration de délais en matière de succession, ce dont nous nous félicitons.

Malheureusement, pour le texte, nous constatons que la plupart des problèmes que nous avions soulevés se posent désormais. Contrairement à ce qu’ont pu faire croire des opposants au texte – dont beaucoup de juristes très hostiles au fait d’accorder des droits aux homosexuels –, ce ne sont pas des problèmes qui remettent en cause le bien-fondé de ce texte. Nous avons chaque jour l’occasion de constater à quel point cette loi constitue une avancée majeure, fondamentale, utile, à ceux qui, hier encore, n’avaient d’autre choix que le néant. Ce texte est une formidable réussite politique et symbolique : raison de plus pour inviter le législateur à poursuivre son effort, en lui faisant savoir comment améliorer encore un peu plus cette loi. 

C’est pourquoi nous avons relevé les problèmes de droits, précis et concrets, qui doivent être résolus, notamment en matière d’accès à la nationalité des partenaires, d’individualisation des minima sociaux, de régime des biens, de signature du pacte, de droits pour les co-parents, de droit à la filiation reconnue par l’État.

La plupart des difficultés constatées sont liées à deux types d’insuffisances. 

La première tient au fait que, contrairement aux moyens annoncés lors de sa création par le ministère de la Justice, le PaCS n’a été accompagné d’aucune politique d’information réelle. Cette loi a suscité tant d’espoirs que ses usagers ne mesurent pas toujours les droits et les obligations qu’elle implique. En l’absence d’informations précises, ce sont nos associations, ou même les journalistes qui, sans aide de l’État, font face à toutes ces questions. Cette solution ne peut être que provisoire : c’est le devoir de l’État que de prendre en charge les campagnes d’information et de sensibilisation (par des spots télévisés, radio, des encarts dans la presse, des brochures mises à la disposition du public) qui permettront aux Français de se familiariser avec cette nouvelle législation, soit directement, soit en subventionnant des associations pour le faire.

La deuxième catégorie de problèmes majeurs restés en suspens tient au fait que le législateur n’a pas voulu faire du PaCS un texte d’égalité entre les citoyens. Au lieu d’adopter un texte qui règle une fois pour toutes le statut des couples de même sexe, le PaCS les maintient dans l’inégalité. Résultat, certains droits nécessaires à la vie de tous demeurent réservés aux couples mariés et donc hétérosexuels. Cette inégalité, cette absence de droit, doivent trouver une réponse.

L’Observatoire du PaCS revendique l’égalité et l’accès pour tous les couples aux droits qui leur sont nécessaires pour leur vie de couple.

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